ToulÉco

Publié le mardi 4 décembre 2018 à 22h00min par Audrey Sommazi , Philippe Font

A Toulouse, les lycéens veulent profiter de l’effet gilets jaunes pour se faire entendre

Malgré les annonces du gouvernement, la colère des lycéens et des gilets jaunes ne s’apaise pas. Bien au contraire. Ce mardi 4 décembre, Toulouse a été le théâtre d’une nouvelle mobilisation.

Après une première journée de protestation lundi 3 décembre, plusieurs lycées de la Ville rose et de la Haute-Garonne ont été à nouveau bloqués totalement ou en partie ce mardi 4 décembre par 2500 élèves. L’établissement Saint-Exupéry à Blagnac a même été fermé suite à l’incendie du hall d’entrée après un feu de poubelle.

En début d’après-midi, entre 500 et 1500 lycéens rejoints par quelques gilets jaunes se sont rassemblés dans le quartier de Jean-Jaurès. Encadrés par un service d’ordre de la CGT, les manifestants protestaient contre la plateforme d’orientation post-bac Parcoursup et la réforme du bac, qui actera la fin des séries générales dès 2021. « Nous avons peur pour notre avenir car nous serons choisis en fonction de la réputation de notre lycée », expliquait Gwenaëlle, élève en terminale au lycée polyvalent Rive-Gauche. Pour Axianne « le bac n’aura plus de valeur et les frais d’inscription augmenteront à la fac ». Cloé et Amandine regrettaient la suppression des cours généraux dans les classes des lycées professionnels. Un obstacle, selon elles, pour les lycéens qui voudraient poursuivre leurs études supérieures.

Des étudiants et des professeurs ont rejoint le mouvement. « La réforme Blanquer nous inquiète car elle est assortie de la suppression de 1500 emplois. Elle répond à un dogme libéral et met en concurrence les établissements », s’indignait Frédéric Borras du syndicat Snes-FSU, et professeur d’histoire au lycée Stéphane Hessel à Toulouse.

La mobilisation des gilets jaunes ne faiblit pas

Dans les rangs, on dénombrait également une trentaine de gilets jaunes toujours en colère. Car les annonces du gouvernement, notamment le report de la taxe carburant, ne sont pas satisfaisantes. « Elles sont un paquet cadeau bien ficelé et accompagné d’un plan communication », réagissait l’un d’entre eux. De son côté, Yves Garrec, membre actif des gilets jaunes en Haute-Garonne, ne trouvait pas de mots assez durs pour commenter la décision du Premier ministre.

« On nous prend pour des abrutis, le gouvernement recule pour mieux sauter », s’emportait-il. « Et dans six mois ça va recommencer ! Les gens ne sont pas dupes et savent très bien que l’État ne peut pas s’asseoir sur ces 2 milliards d’euros. Samedi les gens seront davantage mobilisés ! » En marge de cette manifestation, des heurts ont opposé certains manifestants aux forces de l’ordre. Une vingtaine de personnes a été interpellée.
Philippe Font et Audrey Sommazi

Sur les photos :
En haut : En début d’après-midi, entre 500 et 1500 lycéens rejoints par quelques gilets jaunes se sont rassemblés dans le quartier de Toulouse Jean-Jaurès. Crédits : A.S - ToulÉco

En bas : Des heurts ont éclaté entre manifestants et forces de l’ordre en fin de journée dans le quartier Saint-Cyprien. Crédits : Angélina Fourcault - ToulÉco.

P.S. :

Mickaël Nogal, député LREM de Haute-Garonne réagit à l’annonce du Premier ministre. « Ce moratoire que j’appelais de mes vœux va permettre une large concertation et un débat à l’échelle du territoire. Cela n’a pas pour objectif de calmer la grogne mais de co-construire la fiscalité ». Pour lui, les modalités de « la concertation durant les six prochains mois » ne sont pas encore définies. « Ni formelle ni institutionnelle, elle doit associer les gens. Localement les députés y participeront, il est nécessaire que l’ensemble de la société se saisisse de cette question. Dans six mois nous devrons faire des arbitrages ».