ToulÉco

Publié le lundi 29 juillet 2019 à 19h30min par Valérie Ravinet

A la clinique Pasteur de Toulouse, les robots s’invitent dans les blocs opératoires

article diffusé le 3 juin 2019

Les cardiologues et chirurgiens de la clinique Pasteur vont désormais opérer avec l’aide de robots ultra modernes. Une nouvelle innovation pour l’établissement médical toulousain qui teste les outils du futur.

« Par principe, la clinique investit dans l’innovation, c’est notre ADN », s’enthousiasme le directeur général de l’établissement Dominique Pon. Après la rénovation des bâtiments, dont celui de cardiologie, baptisé Passerelle et inauguré fin 2017 -un projet de 40 millions d’euros-, c’est au tour des outils et des équipements d’être l’objet de rajeunissement. « La robotique fait partie des outils modernes », poursuit le directeur général, « le Conseil d’administration a décidé de creuser le sujet ». Résultat : l’arrivée de deux robots, l’un en chirurgie, l’autre en cardiologie, pour un budget d’un million d’euros.

Les outils du futur

C’est le robot américain « Da Vinci », de quatrième génération, qui a été coopté par l’équipe des chirurgiens de la clinique, avec une utilisation originale : le robot assiste les professionnels dans toutes les spécialités, en urologie, gynécologie, gastro-entérologie, en chirurgie thoracique et cardiaque.
Côté cardiologie, « on défriche, on teste de nouveaux outils ». Résultat : le docteur Fajadet vient de réaliser une angioplastie coronaire sous assistance d’un robot, une première en Europe. Le praticien a opéré à distance de la table opératoire, guidant la machine depuis la salle de commande, face aux écrans d’imagerie. Ces équipements ont été sélectionnés parce qu’ils permettent d’améliorer la précision du geste et de pratiquer des opérations plus sophistiquées.

Dynamique gagnante

Pas de bénéfice attendu de ces investissements, du moins dans l’immédiat : les procédures d’opérations sont plus longues, les qualifications des personnels très spécialisées. « C’est l’inverse d’un choix de rentabilité », analyse Dominique Pon. « Mais on ne gère pas une structure de santé sur la base d’un tableau de bord ; chaque fois que l’on innove, cela crée une dynamique ». Les équipes sont motivées, et la clinique continue d’embaucher : de 880 équivalents temps plein en 2017, elle a franchi la barre des 1020 personnes en 2019.

A ceux qui craignent la perte d’humanité dans la santé, Dominique Pon oppose une vision inverse : « il ne faut pas penser qu’on industrialise la santé ; c’est la capacité d’innover en gardant des valeurs humaines qui fera le succès de notre système ».
Valérie Ravinet

Sur la photo : Désormais, un robot assiste les chirurgiens dans toutes les spécialités, en urologie, gynécologie, gastro-entérologie, en chirurgie thoracique et cardiaque.
Crédits : Remy Gabalda - ToulÉco