ToulÉco

Publié le lundi 9 avril 2018 à 21h27min par Isabelle Meijers

Talao lance la plus grosse levée de France en crypto-monnaie de 60 millions de dollars

La levée de fonds en crypto-monnaie est en plein boom. A Toulouse, Talao lance son opération avec un objectif inédit en France de 60 millions de dollars levés. Pour réussir, elle s’appuie sur une blockchain robuste tout en suivant les recommandations de l’AMF, l’Autorité des marchés (...)

Comment se départir de la concurrence ? Par l’innovation. Et c’est bien ce que Talao, nouveau nom commercial de EMindHub, a choisi de faire. La start-up toulousaine, créatrice depuis 2015 d’une plateforme de mise en relation de grandes entreprises et d’experts à la demande, utilisera désormais le nec plus ultra de la sécurisation des données, la technologie blockchain*. Un principe poussé jusqu’à son opération en cours de levée de fonds en crypto-monnaie de 60 millions de dollars.

« Talao veut dire Talent Autonomous Organization. C’est notre différence avec les places de marché concurrentes dans l’expertise à la demande. Elles sont propriétaires de la réputation de leurs experts alors que nous proposons une autre approche. Cette réputation appartiendra au talent qui, après une mission, recevra un certificat de compétence de l’entreprise donneur d’ordres. Ce dernier sera stocké sur la blockchain, à la manière d’un coffre-fort numérique. Cette technologie permet ainsi à l’expert d’attester de sa réputation de façon infalsifiable », explique Nicolas Muller, PDG de Talao.

Compter parmi les trois leaders mondiaux

Autre avantage, alors que les concurrents prélèvent une commission sur la mission de l’expert, Talao fonctionne avec un système de crédits achetés par les entreprises sur la plateforme pour débloquer un profil. Les talents pourront, forts de leur réputation inviolable, faire évoluer la politique tarifaire de leurs missions directement. « La plateforme sera faite par les talents et gouvernée par eux », résume Nicolas Muller. Avec deux bureaux à Paris et Toulouse, 30.000 experts en vivier, dont 6000 actifs, et une quarantaine de clients tels Airbus ou Assystem, Talao vise les cinq millions de talents d’ici cinq ans, ce qui le positionnerait parmi les trois leaders mondiaux du secteur, qui comptent deux gros concurrents américains.

Une levée ICO de 60 millions de dollars

Encore faut-il avoir les moyens de son développement. Et c’est là que Talao va pousser son modèle disruptif encore plus loin en utilisant toujours la blockchain. « Pour attaquer les Américains, il nous faut lever autant d’argent que possible. C’est possible en crypto-monnaie, beaucoup moins en traditionnel, car il y a beaucoup de liquidités et de crypto-investisseurs, notamment en Asie. D’où notre levée de fonds sur la blockchain en ICO (Initial Coin Offering, NDLR) avec notre propre jeton », justifie Nicolas Muller. Près de 60 millions de dollars sont recherchés, en deux tours. L’un a débuté en pré-vente le 3 avril 2018 et le suivant devrait survenir un an plus tard. Pour limiter les risques, Talao veut suivre les recommandations de l’AMF et a fait appel au groupe d’audit Mazars pour garantir la transparence des processus. La sécurité informatique sera assurée, logiquement, par la blockchain.

En 2017, près de 4 milliards de dollars ont été levés via une ICO dans le monde, selon le cabinet de conseil EY. En France, trois projets ont réussi leur levée en crypto-monnaie, dont iExec, spécialisée dans le cloud distribué, avec 12 millions de dollars levés en trois heures. Si Talao réussit son opération, ce sera la plus grosse ICO française jamais réalisée. Bilan du premier tour fin mai.
Isabelle Meijers

Sur la photo : Nicolas Muller, cofondateur de Talao, aux côtés de Thierry Thevenet et Denis Lafont-Trévisan, table pour l’heure sur 800.000 euros de chiffre d’affaires en 2018. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco

*Blockchain
Le terme blockchain, « chaîne de blocs » en français, est présentée comme la troisième nouvelle "grande technologie" et désigne une base de données qui se charge de la gestion d’une liste d’enregistrements certifiée et protégée contre la falsification ou la modification par les nœuds de stockage. Ceux-ci s’enchaînent et s’accumulent, rendant l’ensemble totalement unique, et en théorie surveillé par ses contributeurs. D’où le nom de blockchain.