YOUYOU

ToulÉco

Publié le lundi 29 janvier 2018 à 22h15min par Armelle Parion

ATR : une vente historique aux États-Unis et des prévisions 2018 au beau fixe

Le premier constructeur mondial de turbopropulseurs installé à Blagnac près de Toulouse vient de conclure la vente de quinze ATR-600 neufs aux Etats-Unis. L’avionneur a réalisé en 2017 un chiffre d’affaires important de 1,8 milliard de dollars.

L’année démarre sur les chapeaux de roues pour ATR. Le constructeur toulousain a annoncé il y a quelques jours avec fierté son retour aux Etats-Unis, après plus de vingt ans d’absence. Le petit frère d’Airbus, leader mondial sur le marché des avions régionaux de moins de quatre-vingt-dix places, a signé un contrat pour quinze ATR-600 neufs avec Nordic Aviation Capital (NAC), équivalent à 350 millions de dollars.

Le premier avion volera dès mars prochain entre la Floride et les Caraïbes, aux couleurs de la compagnie Silver Airways. La NAC avait déjà cinq appareils ATR, dans le portefeuille d’un de ses loueurs. Eux aussi seront exploités par Silver Airways. ATR formera lui-même l’équipage dans son tout nouveau centre de formation de Miami.

Trois fois plus de commandes qu’en 2016

Le nouveau président exécutif d’ATR Christian Scherer, ancien directeur de la stratégie d’Airbus, a dévoilé des résultats 2017 supérieurs aux attentes. Son chiffre d’affaires s’établit ainsi à 1,8 milliard de dollars, dont 1,5 milliard proviennent des ventes ; le reste étant issu des opérations de maintenance et de formation sur les simulateurs présents en France, à Singapour, à Johannesburg et à Miami.

En 2017, ATR a enregistré 113 commandes fermes, soit près du triple des commandes décrochées en 2016. Ce solide carnet de commandes équivaut à trois années de production. « Au-delà des chiffres, nous avons des clients de qualité, comme l’Inde (cinquante commandes) et Taïwan (six commandes). Nous accueillons aussi de nouveaux clients, comme Iran Air et Air Sénégal, notre premier client en Afrique subsaharienne, où nous souhaitons augmenter notre présence », affirme Christian Scherer. Il annonce que la Chine pourrait également passer commande prochainement.

Plus de 1300 collaborateurs directs

Le constructeur a livré quatre-vingt turbopropulseurs en 2017, dont soixante-dix du modèle 72-600, au fuselage plus long. Ce dernier possède une nouvelle version cargo plus confortable et est équipé de technologies innovantes, notamment le casque « clearvision » qui permet aux pilotes de reconstituer virtuellement une visibilité optimale en cas de brouillard. L’appareil affiche également, selon le constructeur blagnacais, la plus faible consommation de carburant parmi les avions de sa catégorie.

ATR espère obtenir des résultats encore meilleurs en 2018, ou du moins se stabiliser. L’avionneur équipe à ce jour les flottes de 200 compagnies aériennes, dans près de cent pays du monde. Il détient 35% du marché des appareils de cinquante à quatre-vingt-dix places et 75% du marché des turbopropulseurs. Il emploie plus de 1300 collaborateurs directs.
Armelle Parion

Sur la photo : Après plusieurs année d’absence, ATR repart à la conquête du marché américain. DR

Un nouveau secrétaire général chez ATR

Frédéric Torrea, 53 ans, a été nommé secrétaire général et directeur juridique d’ATR. En succédant à ce poste à Laurence Rigolini, il aura également en charge la responsabilité des relations avec les partenaires et la transformation digitale d’ATR, mais aussi les relations institutionnelles et l’environnement, la communication, les moyens généraux, et l’informatique.

Frédéric Torrea, titulaire d’un DEA. en Droit des Affaires de l’Université Toulouse 1 Capitole et diplômé de l’Institut des Etudes Politiques de Toulouse, a commencé sa carrière en tant que conseil juridique au sein d’Aerospatiale, en 1991, avant de rejoindre en 1996 la société WorldSpace Inc à Washington D.C et spécialisée dans les systèmes de radio numérique par satellite. En 1998 il revient en France pour prendre la tête de la filiale française, WorldSpace France, en 1998, puis fin 2001 il devient conseil juridique au sein d’Airbus SAS, avant de devenir directeur juridique d’ATR en 2009.