ToulÉco

Publié le mardi 15 août 2017 à 19h30min par Johanna Decorse

Aéronautique. Lancée à Toulouse, la plateforme Stimpact prend de la vitesse

article diffusé le 22 mars 2017

Autrefois, l’aéronautique utilisait des canons à poulet pour tester ses réacteurs. Désormais, il y a Stimpact. Unique en France, cette plateforme de simulation et d’essais d’impacts sur les avions a été inaugurée à Toulouse. De quoi tester de nouvelles technologies, pour Airbus (...)

Initiée il y a vingt ans à travers des projets de recherche réunissant Airbus et l’Institut Clément Ader [1], la plateforme de simulation et d’essais d’impacts à haute vitesse sur les matériaux et structures pour l’aéronautique et les transports, change de dimension. L’arrivée de l’IRT Saint-Exupéry, l’un des huit instituts de recherche technologique labellisés par l’État dans le cadre des investissements d’avenir, a mis un coup d’accélérateur qui s’est traduit par une inauguration officielle le jeudi 16 mars.

Connue désormais sous le nom de Stimpact et installée sur le campus en construction de Toulouse Aerospace, la plateforme a été mise en service en juillet 2016 et mutualise les moyens et les équipements de recherche des trois partenaires. Elle abrite maintenant trois lanceurs à gaz capables de simuler tous types d’impacts rencontrés dans l’aéronautique et notamment les chocs liés aux oiseaux qui selon plusieurs spécialistes causeraient chaque année 1,2 milliard de dollars de réparations à la filière.

Des oiseaux aux grêlons

« Ces trois canons de diamètres différents, peuvent envoyer à une vitesse de tir entre 50 et 800 mètres par seconde divers projectiles tels que des billes d’acier pour représenter des débris moteur, des billes de glace pour des grêlons ou encore des projectiles mous pour simuler des débris de pneu ou des oiseaux », explique Ludovic Barrière, ingénieur recherche àl’IRT Saint-Exupéry..

Unique en France, cette plateforme dans laquelle Airbus a investi 60.000 euros, permet de « couvrir l’ensemble des menaces pour les aéronefs et de reproduire dans des conditions expérimentales contrôlées ces phénomènes pour en mesurer les conséquences sur les matériaux », précise Philippe Cresta, ingénieur structure au centre de recherche d’Airbus Toulouse.
Utilisés pour tester et classer des matériaux existants selon leur performances et leur résistance, les différent canons servent aussi pour des essais sur de nouvelles solutions technologiques que l’avionneur souhaite de 10 à 20% plus légères, plus sûres et moins coûteuses.

Baisser les coûts

C’est le sens du projet Samba, porté par Stelia Aerospace, filiale à 100% d’Airbus Group. Depuis plusieurs mois déjà, la plateforme Stimpact est le cadre d’essais sur des boucliers de cockpits soumis à des impacts d’oiseau. De nouvelles campagnes de tir débuteront début avril et s’échelonneront jusqu’à la fin de l’année. Elles simuleront un « choc à l’oiseau » sur la pointe avant d’un avion en phase de décollage ou d’atterrissage, à une vitesse de 700 mètres par seconde, avec des projectiles de substitution en gélatine d’1,5 kilos.

L’objectif étant de tester différentes solutions technologiques pour remplacer les matériaux utilisés actuellement sur l’A350 afin de réduire la masse des systèmes de protection et les coûts de plus de 10%. « Proposer des avions aux coûts de maintenance plus bas avec une sécurité renforcée, c’est un argument de vente pour Airbus », souligne Philippe Cresta.

Dans le cadre du projet Samba, six matériaux absorbeurs de choc alternatifs mis au point par des PME régionales, dont Hutchinson Services à Blagnac ou encore la société montalbanaise Ateca, sont testés dans quatorze configurations différentes. Les plus performantes pourraient faire l’objet d’une application industrielle d’ici 2020-2025 pour « améliorer les produits de la gamme Airbus » ou pour « un futur programme ».
Johanna Decorse

Sur les photos : La plateforme Stimpact abrite trois canons capables de reproduire tous les types d’impacts rencontrés dans l’aéronautique à des vitesse allant de 160 à 800 mètre par seconde. Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco

(1) Unité mixte de recherche dédiée à l’étude des structures, des systèmes et des procédés mécaniques dans les domaines de l’aéronautique, de l’espace, du transport et de l’énergie, sous la tutelle de cinq établissements : CNRS, Insa Toulouse, Isae-Supaero, Mines d’Albi-Carmaux et de l’université Toulouse III-Paul Sabatier.

1 Commentaire

  • Le 25 mars à 17:27 , par GEMIER Corinne

    Bof ! Unique en Europe ?
    C’est oublier le Centre d’essais Aéronautiques de Toulouse devenu DGA Techniques Aéronautiques qui opère son canon à impact depuis plus de 50 ans et a développé depuis de plus de 25 ans, dans les années 90, un impacteur en gélatine appelé « impacteur de substitution », ayant fait l’objet d’un dépôt de brevet et peut-être agréé dans un futur proche comme projectile de référence à l’EASA.
    Centre d’essai de rayonnement européen pour de nombreux fabricants aéronautiques qui s’adresse à lui pour tous type d’essais d’impact y compris des études sur des matériaux de nouvelles générations donc IRT « pas Centre unique » et pas précurseur dans le domaine…

    C’est pourquoi tout ce que m’inspire votre article, c’est « Bof ».

    Cordialement.

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