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Publié le dimanche 13 janvier 2019 à 18h47min par Audrey Sommazi

Aéronautique. Recaero redécolle et investit 11 millions d’euros

Dette épongée, nouvel actionnaire, diversification de l’activité, 11 millions d’euros investis dans l’outil industriel en Ariège et en Inde . L’entreprise Recaero reprend son envol et renoue avec la croissance.

Le spécialiste de la fabrication des pièces de rechange est sortie d’affaire(s) pour retrouver le chemin de la croissance. Pourtant, la crise mondiale qu’a connue l’aéronautique en 2009-2010 a failli faire plonger cette PME familiale fondée à Verniolle (Ariège). « Les volumes commandés ont été divisés par deux et notre chiffre d’affaires est passé de 28 à 19 millions d’euros », se souvient Nicolas Pobeau, le président de l’entreprise de 600 salariés, dont 300 en Ariège répartis sur deux sites, et 300 en Inde, à Bengalore.
« Sans visibilité, nous avions des problèmes de trésorerie. Nous avons alors adapté notre effectif, sans licenciement ». L’entreprise a été contrainte de mettre en place une procédure de sauvegarde, avec gel de la dette pour une période de dix ans, se terminant en 2021. 

En parallèle, cette ETI, qui pèse 45 millions d’euros en 2017, a réorganisé son actionnariat. Après un bras de fer judiciaire l’opposant à Pechel Industries, le Toulousain Ixo Private Equity est entré au capital avec 43% des parts. Cette nouvelle organisation, corrélée au redémarrage de l’activité dès 2011, a permis d’éponger la dette par un emprunt bancaire trois ans avant la date prévue et de renouer avec la croissance. « Nous nous sommes rachetés une virginité », se félicite le président.

Diversification et investissement

Depuis 1993, Recaero s’est spécialisé dans la fabrication de pièces élémentaires de rechange et de sous-ensembles pour Airbus, Airbus Helicopter, Safran Aircraft Engines et Dassault Aviation. « Cette activité reste notre cœur de métier et nous avons encore des parts de marché à prendre en Allemagne et aux Etats-Unis », poursuit Nicolas Pobeau, qui s’est aussi lancé dans une activité complémentaire.
En effet, en 2018, il a constitué un bureau d’études de cinq ingénieurs chargé de la modification des flottes d’avions ( en cabine par exemple) pour le compte de petites et moyennes compagnies aériennes. Euro Atlantic et Interjet sont les premières clientes.

Autre signe de bonne santé de l’entreprise : l’investissement. Dès 2019 pour une période de trois ans, 9 millions d’euros sont injectés dans la modernisation et l’automatisation de l’outil industriel de ses deux usines ariégeoises, à Verniolle et à Mirepoix. Cette dernière rachetée en 2006 réalise des pièces et structures composites. 2 autres millions seront également investis dans les moyens de production - usinage et chaudronnerie - du site indien.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Vue de l’un des ateliers de l’équipementier de rang 1 à Verniolle. Photo DR. 

P.S. :

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