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Publié le mercredi 15 février 2017 à 18h40min par Audrey Sommazi

Aéronautique. Prismadd, nouveau géant de l’impression 3D, fait décoller sa production

Article diffusé le 19 janvier 2017

Moins de deux ans après sa création à Montauban en 2014, Prismadd livre fin mars ses premières pièces de structure en titane en fabrication additive à Airbus. Une première étape importante pour la société qui veut devenir une référence dans la fabrication 3D.

Les cinq machines de fabrication additive, bientôt sept, sont lancées dans l’usine Prismadd à Montauban. Les premières pièces de structure en titane seront livrées à la fin du mois de mars à Airbus pour équiper ses A350. « Nous passons du mode start-up à la production industrielle », précise Philippe Rivière, son jeune président de 37 ans. Une accélération rendue possible par la signature d’un premier contrat de six millions d’euros avec l’avionneur européen. Mais pas seulement.

La jeune société Prismadd est née en 2014 du rapprochement entre Farella, un usineur aéronautique basé à Montauban, spécialisé dans la conception et la fabrication de pièces complexes en métaux durs, Rhonatec, un fabricant de poudres installé à Grigny, et Creatix3D, un intégrateur d’imprimantes 3D situé à Montigny-le-Bretonneux.

Et en juillet 2015 Prismadd rejoint We are aerospace, un groupe industriel crée par le regroupement capitalistique de quatre sociétés ( Espace, Chatal, Farella et Armor Meca), qui compte aujourd’hui quinze sites et 1000 salariés. « Prismadd devient le fer de lance de la fabrication additive », souligne Pascal Farella, président de We are aerospace.

Trois nouvelles implantations

De quoi permettre à ce géant d’afficher une ambition claire : maîtriser toute la chaîne de valeur de l’impression 3D, depuis la poudre jusqu’à la production en série de pièces, en plastique comme en métal. « La fabrication additive est un gros pari et nous avons pris des risques. Nous avons injecté 15 millions d’euros dans la filière 3D, dont six dans l’usine de Montauban », ajoute le directeur.

Cette filière intégrée Prismadd comprend cinq sites de production spécialisés par métaux, employant trente huit personnes. L’usine à Montauban produit des pièces en titane et inconel (alliage de métaux à base de nickel) pour l’aéronautique, le ministère de la Défense et le spatial. L’usine de Grenoble est spécialisée dans les pièces en inox à destination des marchés de l’énergie, des transports et du luxe, celle de Saint-Etienne dans l’aluminium et Prismadd Atlantique dans les pièces d’outillage en plastique pour l’aéronautique.

Et depuis dix huit mois, Prismadd compte une nouvelle implantation au Japon à Nagoya pour les pièces en aluminium et en titane. Objectif : le marché de la sous-traitance aéronautique et automobile américaine. Le plan stratégique de l’entreprise prévoit trois autres implantations au Canada, en Espagne et en Asie. A l’horizon 2021, Prismadd table sur 21 millions d’euros de chiffre d’affaires, contre quelque 3 millions pour l’exercice en cours.
Audrey Sommazi

Sur les photos : en haut,une pièce en titane en fabrication additive sur le site de Prismadd à Montauban. En bas, Philippe Rivière ( à gauche), président de Prismadd et Pascal Farella, président de We are aerospace. Photos Rémy Gabalda - ToulÉco