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Publié le dimanche 5 novembre 2017 à 18h56min par Audrey Sommazi

Aéronautique. Les ambitions mondiales de Stelia Aerospace depuis Toulouse

Investissement lourd dans son usine du futur à Méaulte, recrutements et installation dans un bâtiment flambant neuf à Colomiers : Stelia Aerospace en croissance affûte sa stratégie de développement pour conquérir les avionneurs.

La forte croissance démographique des équipes de Stelia Aerospace est un signe de bonne santé de l’entreprise, et du secteur aéronautique. Pour y répondre le groupe se dote d’un nouveau siège social de 15.000 m² qui réunira la direction générale, le bureau d’études et des salariés des sous-traitants de l’équipementier. Environ 1000 personnes s’apprêtent dès février 2018 à quitter les locaux provisoires pour un seul et même site, à Colomiers, près de Toulouse.

« Ce bâtiment est notre vaisseau amiral, commente Cédric Gautier, président de la filiale à 100% d’Airbus. Car le groupe est en croissance significative. En 2016 et 2017, nous avons embauché 330 personnes. Pour 2018, nous tablons sur un chiffre équivalent. » Ainsi, Stelia Aerospace, né en 2015 de la fusion d’Aerolia et de Sogerma, enregistre un chiffre d’affaires de 2,1 milliards d’euros en 2016 et emploie 6800 personnes dans ses dix usines, dont cinq en France, deux au Maroc et une en Tunisie.

Spécialisé dans la conception et la fabrication d’éléments d’aérostructures, le groupe compte comme principal client Airbus. D’ailleurs, il livrera le fuselage avant et la porte-cargo du second Béluga XL entre avril et août 2018.

« La part de nos clients hors Airbus est de 30 %. On se doit d’équilibrer notre portefeuille client pour ne pas dépendre d’Airbus. Désormais, on se concentre sur la compétition mondiale », ajoute Cédric Gautier, dont l’objectif est de ravir des parts de marché à l’Américain Spirit et à l’anglais GKN.

70 millions d’euros investis

Déjà, l’équipementier de rang 1 fabrique les voilures des avions ATR, le fuselage complètement intégré de l’avion d’affaires haut de gamme d’une quinzaine de place de Bombardier, le Global 7000 livré en 2018, et les entrées d’air du 787 de Boeing.
Pour gagner des parts de marché, le groupe a investi 70 millions d’euros dans son usine du futur à Méaulte, en Picardie, qui assemble les grands éléments de structures. Le site s’est étendu pour atteindre 115.000 m² de surface de production et s’est équipé de nouveaux moyens pour gagner en rapidité : plus de trente-cinq robots et trois lignes mobiles de production, notamment.

Le groupe compte aussi sur la croissance de sa seconde activité, la fabrication et l’assemblage des sièges pilotes et des sièges passagers première classe et classe affaires. « Ce dernier segment de marché est dynamique. Notre ambition est de croître », affirme le président. « En effet, sachant que la durée de vie d’un avion est comprise entre vingt et vingt-cinq ans, le renouvellement des sièges des cabines se pratique cinq à six fois ». Une quarantaine de compagnies aériennes sont clientes du groupe, principalement en Asie et au Moyen-Orient.
Audrey Sommazi

Sur la photo Cédric Gautier, président de Stelia Aerospace. Crédit Stelia Aerospace