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Publié le mardi 26 février 2019 à 19h44min par Johanna Decorse

Aéroport de Toulouse Blagnac. Edeis veut racheter les parts de Casil Europe et de l’Etat

Nouveau candidat déclaré pour le rachat des parts de Casil Europe et de l’Etat dans l’aéroport Toulouse-Blagnac, le groupe français d’ingénierie Edeis veut associer les collectivités locales dans son projet et faire de l’Occitanie « le deuxième hub aéroportuaire français ».

Gestionnaire de dix-neuf aéroports en France depuis le rachat en 2016 des actifs de SNC Lavalin, Edeis se porte candidat au rachat des 49,99% de parts de Casil Europe au capital de la société Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB) et des 10,01% toujours détenus par l’Etat.

Le groupe d’ingénierie a fait part ce lundi 25 février de ses grands projets pour l’Occcitanie dont il veut faire « le deuxième hub aéroportuaire français » derrière Paris. Dans la région, Edeis compte déjà dans son portefeuille les plateformes de Tarbes-Lourdes, Nîmes et Toulouse-Francazal dont il détient 51% aux côtés d’ATB (39%) et de la CCI de Toulouse (10%). Il est par ailleurs engagé dans les appels d’offres des concessions des aéroports de Perpignan et Carcassonne.

Transfert du siège à Toulouse

Baptisé « Aéroports d’Occitanie » (AD’OC), son projet prendrait la forme d’une société à mission, nouveau statut prévu dans le cadre de la loi Pacte, dans laquelle Edeis « apportera sa filiale Edeis Concessions ».
« La société ainsi créée se portera naturellement acquéreuse des parts détenues par Casil Europe et par l’Etat dans la société Aéroport Toulouse-Blagnac », explique le groupe qui prévoit de transférer son siège parisien à Toulouse « pour le fondre dans la toute nouvelle entité régionale ainsi créée ». Edeis veut proposer aux quatre actionnaires publics locaux, la CCI de Toulouse, Toulouse Métropole, la région Occitanie et le département de Haute-Garonne qui conservent 40 % du capital d’ATB de « devenir coactionnaires » de cette nouvelle société « en apportant leurs titres ».

« Le capital de la société pourra être ouvert à d’autres actionnaires, industriels ou financiers, notamment régionaux », précise le groupe en ajoutant que cette nouvelle structure aurait également vocation « à promouvoir les transports du futur ». La voie est toute tracée puisque l’ancienne base militaire de Toulouse-Francazal abrite déjà le projet de démonstrateur Hyperloop Transportation Technologies (HTT) ou encore la société Eva qui porte un projet d’appareil volant autonome.

Cluster d’aéroports

Envisagé comme un « cluster d’aéroports », le projet AD’OC permettrait selon Edeis de « générer des synergies » d’aménagement du territoire (délestage des gros aéroports et complémentarités des aéroports de proximité). La société AD’OC pourrait aussi « s’intéresser à des projets appartenant à des domaines concessifs autres que l’aéroportuaire tels que la gestion des ports » d’où l’engagement d’Edeis dans différents dossiers concernant Port-Vendres ou encore le funiculaire et le pic du Jer dans les Hautes-Pyrénées.

Dans ce dossier, au moins trois entreprises ou groupements se sont manifestés auprès de la banque Lazard, mandatée par Casil Europe pour recevoir les offres de rachat. On compte notamment Vinci Airports, allié à la Caisse des dépôts Infrastructure et à Predica (groupe Crédit Agricole), le groupe de BTP Eiffage et le réseau Banque Populaire Occitane-Caisse d’Epargne Midi Pyrénées associé à la société de capital investissement Ardian et aux fonds Mirova (Natixis).

Alors que le processus de vente lancé par Casil Europe se poursuit, les opposants à la privatisation de l’aéroport restent mobilisés. Les syndicats CGT, Solidaires et FSU ont entrepris une action en justice pour demander « la mise sous séquestre » des actions détenues par Casil Europe en vue de bloquer une vente éventuelle à un acheteur privé. Une audience en référé est prévue le 13 mars devant le tribunal de commerce de Paris. De leur côté, les collectivités locales rencontreront en mars le ministre de l’Economie Bruno le Maire pour obtenir de l’Etat la garantie écrite qu’il conservera ses fameux 10,01%.
Johanna Decorse

Sur la photo : Le groupe Edeis veut associer les collectivités locales dans son opération de rachat des parts de Casil Europe et de l’Etat dans l’aéroport Toulouse-Blagnac. Crédits : DR