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Publié le lundi 22 janvier 2018 à 22h39min par Johanna Decorse

Aéroport de Toulouse-Blagnac. Georges Méric plaide toujours pour un actionnariat citoyen

A partir du 18 avril prochain, l’État aura un an pour décider ou non de vendre les 10,01% de parts qui lui restent au capital de l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Élus locaux et décideurs s’interrogent toujours sur l’attitude qu’adoptera l’exécutif. Et sur les éventuelles alternatives.

Trois ans après la vente de 49,99% des parts de l’État dans le capital de la société Aéroport Toulouse-Blagnac, le troisième aéroport régional de France fait de nouveau l’actualité. À compter du 18 avril prochain, le gouvernement aura en effet six mois, renouvelables une fois, pour décider d’exercer ou pas l’option de vente à Casil Europe pour les 10,01% qui lui restent. S’il faisait valoir ce droit, la société française issue du consortium chinois Symbiose formé par Shandong Hi-Speed Group Co et de Friedmann Pacific Asset Management, deviendrait alors majoritaire.

Depuis plusieurs semaines, les collectivités locales, qui conservent 40% de l’actionnariat, tentent de peser de tout leur poids pour dissuader l’exécutif de vendre. C’est le sens du courrier commun qu’elle ont adressé le 15 décembre au Premier ministre. Les objectifs de rentabilité de l’actionnaire privé renforcent leur position. Après avoir mis sur la table 308 millions d’euros, Casil Europe veut un retour sur investissement rapide, de l’ordre de 3 à 5%. Ils comptent pour cela sur une fréquentation à la hausse – 10 millions de passagers en 2019 - et des revenus en augmentation grâce aux nouveaux équipements et services de la plateforme.

« Pas un délire »

Le 17 janvier, lors des vœux à la presse, Georges Méric, président du conseil départemental de Haute-Garonne, a de nouveau évoqué la possibilité pour les collectivités locales de racheter les fameux 10,01%. En octobre dernier, Bruno Le Maire avait indiqué devant les députés qu’il n’excluait pas un désengagement total dans l’aéroport toulousain. Selon Anne-Marie Idrac, présidente du conseil de surveillance d’ATB, le ministre de l’Economie a aussi indiqué qu’il prendrait en compte l’avis des autres actionnaires.

Parmi eux, Georges Méric saisit toutes les occasions pour se faire entendre. « Au-delà de cette période de deux fois six mois, l’État pourra décider de garder ses parts, ce qui serait le mieux, ou de les vendre. Dans ce cas, nous ferons en sorte de les racheter en nous appuyant sur un actionnariat citoyen. 60 millions, ce n’est pas un grand délire financier, surtout 60 millions qui rapportent. Cette proposition tient la route, nous l’avons bien étudiée », assure le président du département de Haute-Garonne.

De son côté, Alain di Crescenzo, président de la Chambre de commerce et d’industrie d’Occitanie, affirmait lors de la cérémonie des voeux à la presse il y a une semaine que « l’État vendra tôt ou tard ses 10,01%, mais pas à Casil Europe ». A la tête de la CCI de Toulouse lors de la vente des parts d’ATB en 2015, Il affirme aujourd’hui que « l’État ne reviendra jamais sur la privatisation des aéroports en France, [ils] ne repartiront pas dans le public ». Reste à savoir si les initiatives de crowdfunding évoquées il y a quelques années peuvent toujours être des initiatives crédibles.
J.D

Sur la photo : A partir d’avril 2018, l’État pourra vendre ses 10,01% de parts restantes dans le capital de l’aéroport Toulouse-Blagnac. Crédits : M.V/ToulÉco

2 Commentaires

  • Le 23 janvier à 20:11 , par yv58

    Oui
    pour l’actionariat citoyen…Toulouse mérite mieux en écocitoyenneté,

    Trop d’avions survolent la ville pour diminuer cet impact les réaiguiller vers les aeroports régionaux..

    Développer l’aérodrome du LHERM pour décongestionner l’aviation de tourisme,…et Francazal.

    Favoriser le développement de l’A380 grâce au crowfounding à l’échelle planétaire en imbriquant les plus grandes sociétés d’aménagement aéroportuaire, les constructeurs aéronautiques, les compagnies aériennes, les compagnies hôtelières et l’actionariat citoyen.

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