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Publié le mardi 19 février 2019 à 11h23min par Johanna Decorse

Aéroport Toulouse-Blagnac : les actionnaires publics reçus le 6 mars par Bruno le Maire

Alors que le processus de vente lancé par Casil Europe se poursuit, les actionnaires publics ont obtenu le 6 mars un rendez-vous avec Bruno le Maire. Ils veulent obtenir la garantie que l’Etat va bien conserver ses 10,01% dans le capital de la société Aéroport de Toulouse-Blagnac.

En février 2018, les services de Bruno le Maire, ministre de l’Économie, avaient fait savoir que l’État renonçait à céder les 10,01% qu’il lui reste au capital de la société Aéroport de Toulouse-Blagnac. Mais les actionnaires publics locaux qui détiennent toujours 40 % du capital d’ATB veulent une garantie écrite. C’est ce que demanderont la chambre de commerce et d’industrie de Toulouse, Toulouse Métropole, la région Occitanie et le département de Haute-Garonne, le 6 mars prochain au ministre.

Une rencontre à laquelle participera Françoise Laborde, sénatrice (RDSE) de Haute-Garonne, qui a récemment proposé au gouvernement d’étudier une revente de ses parts à ces collectivités. « Il ressort que les collectivités n’ont pas les moyens de financer ce rachat mais pour autant nous voulons obtenir un engagement écrit de l’État et que celui-ci apparaisse dans un nouveau pacte d’actionnaire », explique la sénatrice. L’idée étant évidemment de fixer le cadre en amont avec les candidats à la reprise des 49,99% des parts de Casil Europe qui se sont fait connaître.

« Un seul critère : le prix »

L’actionnaire privé issu du consortium chinois Symbiose qui a acquis cette participation en avril 2015 pour 308 millions d’euros, s’est de son côté expliqué sur le processus en cours. « Nous recevons depuis des mois des marques d’intérêt de plusieurs repreneurs potentiels c’est pourquoi nous avons décidé d’amorcer un processus de vente et avons mandaté la banque Lazard pour recevoir les offres », explique un porte-parole de Casil Europe sans préciser la date à laquelle ces offres devront être déposées. « Mais sans offre financière satisfaisante, il n’y aura pas de transaction. Notre seul critère est le prix. Car fondamentalement, Casil n’était pas vendeur d’autant qu’un accord a été signé en décembre entre tous les actionnaires sur une politique de dividende commune et que les résultats de l’aéroport sont tout à fait supérieurs aux objectifs du business plan que nous nous étions fixés », précise ce même porte-parole.

La Banque Populaire confirme son intérêt pour le rachat

Signé le 22 décembre dernier à l’unamité par les membres du conseil de surveillance, acteurs publics compris, cet accord a validé la possibilité de prélever jusqu’à 100 % du résultat net – en excluant les réserves – et devait restaurer « l’harmonie » entre les actionnaires. Cet accord restera-t-il d’actualité avec le futur repreneur ? On peut l’imaginer tant le prix à payer pour le rachat des parts de Casil Europe devrait être élevé. Pour l’heure, au moins trois candidats restent dans la course pour entrer au capital d’ATB, troisième aéroport régional français avec un trafic record de 9,6 millions de passagers en 2018.

Vinci Airports, allié à la Caisse des dépôts Infrastructure et à Predica (groupe Crédit Agricole), en fait partie ainsi qu’Eiffage. Le groupe de BTP « ne commente la procédure en cours » mais admet que « la concession aéroportuaire présente de nombreuses synergies » avec ses métiers » et confirme « sa volonté, de se diversifier dans l’aéroportuaire dans le cadre du renouvellement de son portefeuille de concessions ». De son côté, la Banque Populaire Occitane a déclaré « être candidate au projet de rachat » des parts de Casil Europe aux côtés de la Caisse d’Epargne Midi Pyrénées, de la société de capital investissement Ardian et des fonds Mirova (Natixis).
Johanna Decorse

Sur la photo : Alors que Casil Europe a confirmé sa volonté de vendre ses parts au sein d’ATB, les actionnaires publics seront reçus par le ministre de l’économie le 6 mars prochain. Crédits : DR