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Publié le mercredi 3 octobre 2018 à 21h29min par Béatrice Girard

Airbnb menace-t-il vraiment le marché de la location à Toulouse ?

Après les hôteliers, c’est au tour des agents immobiliers de montrer du doigt la plateforme collaborative Airbnb qui déséquilibrerait, selon eux, le marché de la location à Toulouse.

Pour les professionnels de l’union des syndicats de l’immobilier de Midi-Pyrénées (Unis), le compte n’y est plus en matière de location. « Nos adhérents ont mesuré le turn-over locatif dans leur portefeuille de clients et ils enregistrent cette année une baisse de 3% du nombre de logements mis à la location à Toulouse, par rapport à 2017 », affirme Franck Martin, le président de l’Unis Midi-Pyrénées qui regroupe trente adhérents à Toulouse. Autrement dit, quand les locataires s’en vont, les propriétaires ne remettent pas leur bien sur le marché de la location classique.

Selon l’agent immobilier, le phénomène représente un manque à gagner de près de 5000 logements sur le marché de la location et il est imputable principalement à la plateforme collaborative Airbnb. « Quand un T3 se loue 600 euros par mois sur le marché traditionnel, il peut rapporter jusqu’à 1000 euros par semaine à son propriétaire via Airbnb », estime Franck Martin. De son côté, l’union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI) a aussi noté l’augmentation des locations de meublés, mais pas systématiquement dans le cadre de la location touristique. « Si la location de meublés est monté en flèche depuis un an parmi nos adhérents, c’est aussi parce qu’ils y trouvent des avantages fiscaux », nuance Françoise Tournier la juriste de l’association.

Un encadrement des locations de meublés touristiques le 1er janvier 2019

La ville de Toulouse, par ailleurs déjà alertée sur ce phénomène par l’Union des métiers et des industries hôtelières de la Haute Garonne (Umih 31), a voté une délibération en juin dernier. Elle s’appliquera dès janvier 2019 et prévoit que toute location de courte durée d’un appartement meublé à Toulouse sera désormais soumise à une déclaration préalable auprès de la mairie et donnera lieu à un numéro d’enregistrement unique. « Néanmoins, ce chiffre de 5000 logements avancé par les agents immobiliers semble exagéré », estime Sylvie Rouillon-Valdiguié, l’élue en charge de la coordination de la politique touristique. « Si Airbnb affiche effectivement 5400 annonces de locations disponibles à Toulouse depuis un an, nous avons mesuré avec l’aide du cabinet spécialisé MKG Consulting que 800 meublés sont en réalité très régulièrement proposés dans ce cadre en location à Toulouse. »
Béatrice Girard

Sur la photo : Selon l’Unis les offres de location sont en baisse de 3 % depuis 2017 à cause d’Airbnb. Crédits : DR