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Publié le mardi 7 août 2018 à 19h30min par Philippe Font

Airbus BizLab : comment l’avionneur couve ses futures pépites

Article diffusé le 7 juin 2018

Une quarantaine de jeunes pousses incubées au sein de l’Airbus BizLab s’étaient donné rendez-vous jeudi 7 juin dans le hall Lagardère, sous les ailes des A380 en phase d’assemblage. Une rencontre organisée dans le cadre du « Global Summit ».

Des innovations au plus près des avions. C’est dans le hall Jean-Luc Lagardère à Blagnac où sont assemblés les A380 que s’est déroulé jeudi le « Global Summit » qui rassemblait trente-six jeunes pousses incubées et accélérées au sein des quatre Airbus BizLab ouverts depuis mars 2015 : Toulouse, Hambourg, Bangalore et depuis peu, Madrid la semaine dernière. « En trois ans, cinquante start-up ont été incubées, dont une quinzaine à Toulouse, et 42% d’entre elles ont signé des contrats avec Airbus ou des partenaires, soit le double ce qui se pratique au sein des accélérateurs », indique Bruno Gutierres, directeur du BizLab qui comprend dix-huit salariés sur les quatre structures. Celui-ci a lancé une nouvelle campagne d’appel à projets, valide jusqu’au 24 juin 2018.

Chaque jeune pousse, portée par des salariés d’Airbus ou des entrepreneurs extérieurs à l’avionneur européen, est incubée durant six mois et perçoit une aide financière de 50.000 euros pour mener à bien son projet. Au total près de 20 millions d’euros ont ainsi été levés. « Notre valeur ajoutée est d’aider ces start-up à grandir et à attirer des investisseurs », détaille encore Bruno Gutierres. Parmi celles retenues hier lors du « Global Summit », certaines ont été incubées à Toulouse : Unwiloc, Safetyn qui développe un concept de boitier portatif pour les pilotes exposés aux risques en vol ou encore Ibisa développé par Kaïs Makhlouf et Patrice Marin.

Ibisa, un gain de temps de 95 à 99% pour les compagnies aériennes

Les deux hommes ont mis au point une solution qui permet de localiser les différents organes et pièces d’un avion. « Nous avons ainsi équipé tous les gilets de sauvetage avec une étiquette RFID, ce qui permet de les localiser en quelques minutes via une application sur un téléphone portable et de vérifier s’il en manque. Habituellement ce sont des personnes qui s’en chargent et cela peut prendre beaucoup plus de temps. Avec Ibisa cela prend quatre minutes pour un A350 », explique Patrice Marin. Ce dernier, chef de projet à Airbus, a travaillé sur la traçabilité pendant dix-neuf ans.

Après neuf mois d’incubation au sein de l’Airbus BizLab, les deux salariés de l’avionneur européen ont intégré Airbus Interior Services afin de développer et de commercialiser le produit. Selon les compagnies, le bugdet de vérification des gilets varie de 10.000 à 40.000 dollars. « Notre solution représente un gain de 95 à 99% », précise Patrice Marin. D’autant que la solution Ibisa peut être appliquée à l’ensemble des équipements de sécurité (extincteurs, etc.) mais aussi aux autres équipements de l’avion afin d’optimiser la maintenance et la réparation. Patrice Marin et Kaïs Makhlouf espèrent signer des contrats pour la solution Ibisa avec trois compagnies en 2018, cinq en 2019 et cinq supplémentaires en 2020.
Philippe Font

Sur la photo :
En haut : Patrice Marin et Kaïs Makhlouf, les concepteurs de la solution Ibisa.
En bas : Une quarantaine de start-up ont participé à ce troisième « Global Summit ». Crédits : Ph.F – ToulÉco