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Publié le mercredi 11 janvier 2017 à 21h27min par Audrey Sommazi

Entre record de livraisons et suppression de postes, existe-t-il un paradoxe Airbus ?

Alors que le constructeur Airbus a annoncé mercredi 11 janvier avoir dépassé son objectif de livraison d’avions en 2016, il met en place un plan de restructuration, qui prévoit la suppression de 1164 postes. Le phénomène continue d’inquiéter les syndicats.

Comme tous les ans, Airbus et Boeing se livrent à leur traditionnelle bataille de chiffres. En 2016, le constructeur américain conserve son leadership puisqu’il possède avec 748 livraisons d’avions une longueur d’avance sur Airbus. Ce dernier a livré 688 appareils l’an dernier à 82 clients (contre 635 en 2015).

Dans le détail l’avionneur européen a livré 545 appareils de la famille de son monocouloir vedette l’A320, 66 A330, 49 A350 et 28 exemplaires de son géant des airs, l’A380, dont Airbus a annoncé cet été une réduction de cadence de production. En effet, il doit passer à un appareil par mois à partir de 2018 contre 2,5 par mois aujourd’hui, en raison d’un trou d’air dans les commandes.

Le constructeur bat ainsi pour la quatorzième année consécutive son record de livraisons alors qu’en 2015, il avait déjà établi un « record » avec 635 livraisons d’appareils (contre 629 en 2014). « 2016 a été je pense une année qui nous a permis non seulement d’atteindre nos objectifs mais aussi de les dépasser », s’est félicité le PDG d’Airbus Fabrice Brégier, qui a estimé toutefois que « 2016, particulièrement les six premiers mois, a été particulièrement difficile (sur le plan de la production) ».

« Nous avons eu plus de difficultés que prévu », a rappelé le patron en pointant les difficultés rencontrées sur la chaîne d’approvisionnement du dernier né d’Airbus sur le segment long-courrier, l’A350. D’ailleurs, Airbus n’a pas pu remplir son contrat. Le constructeur s’était fixé un objectif de cinquante appareils livrés, il a finalement frôlé ce but, avec quarante-neuf avions remis.

Recul des commandes

Son bilan commercial, présenté ce mercredi 11 janvier depuis l’université d’Airbus à Blagnac, se traduit par un recul net de commandes d’appareils : 731 commandes en 2016 de 51 clients, contre 1036 commandes en 2015. Boeing fait figure de second sur ce secteur puisque l’Américain en a engrangé 668.

Fin 2016, le géant de l’aéronautique disposait d’un carnet de commandes global de 6874 appareils d’une valeur d’un peu plus de 1000 milliards de dollars aux prix catalogue. « Nous avons tenu nos objectifs malgré un environnement difficile, et avons démontré que nous sommes prêts pour une montée en cadence future », a déclaré Fabrice Brégier, président d’Airbus commercial aircraft, qui s’est voulu rassurant.

Plan de restructuration

Alors qu’Airbus dispose d’un carnet de commandes lui assurant une dizaine d’année de production, l’avionneur européen a prévu un plan de suppression de 1164 postes et la fermeture de son site de recherche situé à Suresnes pour 2018.
Tom Enders, président-directeur-général du groupe, a reçu ce mardi 10 janvier une intersyndicale CFDT-CGC- FO-CFTC qui s’est dit inquiète par ce plan de restructuration « Gémini ».

« Même s’il n’y a pas eu de scoop, la réunion s’est déroulée dans un esprit d’écoute », a indiqué la CFDT dans un communiqué. « Sur la recherche, Tom Enders a reconnu que Paris est une place où il faut être, on ne peut pas l’ignorer, et que certaines activités bien ciblées pourront rester en région parisienne. D’autres seront transférées dans les divisions ». Toutefois, a précisé la CFDT, « Tom Enders a réaffirmé qu’il ne pouvait pas totalement s’engager sur le fait qu’il n’y aurait pas de licenciement sec ».
Audrey Sommazi

Sur la photo : Airbus a enregistré en 2016 moins de commandes mais livré davantage d’avions. Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco.