ToulÉco

Publié le mardi 29 novembre 2016 à 15h39min par Audrey Sommazi

Airbus supprime plus d’un millier d’emplois, les syndicats préoccupés

Malgré un carnet de commandes garni pour dix ans, l’avionneur supprime 1164 emplois dans le cadre de son plan de restructuration, dont 640 en France. Une situation qui inquiète les syndicats malgré la volonté de la direction de procéder à des reclassements.

Redouté par les employés, le couperet est tombé ce mardi 29 novembre. A l’issue d’un comité européen de groupe, qui s’est tenu au siège à Blagnac, Airbus a annoncé la suppression de 1164 emplois dans le cadre d’un plan de restructuration nommé « Gemini ». 325 postes seront transférés vers d’autres sites du groupe.
« On parle de 1% du personnel sur un total de 136.000 employés dans le monde », réagit un porte-parole de l’avionneur, qui assure que la direction « souhaiterait éviter les licenciements secs ». Dans le détail, la France paye un lourd tribut avec 640 postes supprimés. Les sites de Toulouse et Marignane sont concernés. Mais c’est le département de la recherche, installé à Suresnes, dans les Hauts-de-Seine, qui est le plus touché. Le site fermera ses portes mi-2018, entraînant à lui seul la suppression de 308 postes.

« Nous ne sommes pas vraiment surpris par les annonces de ce matin. Tom Enders nous a donné les détails. Néanmoins, nous sommes préoccupés par le nombre de postes supprimés, qui n’est pas neutre, et la fermeture de Suresnes », assure Thierry Préfol coordinateur adjoint CFE-CGC. La fermeture de Suresnes inquiète aussi Michel Molesin, coordinateur CGT Airbus Group. « C’est l’avenir d’Airbus qui est en jeu. Or, il s’agit d’une vision stratégique dramatique. Pour faire des économies, la direction sacrifie la recherche ».

Négociations salariales dès janvier

Officiellement, la réorganisation d’Airbus et la création d’un siège social unique dès le mois de janvier sous le nom Airbus, entraînent des sureffectifs. Il y a quelques semaines le PDG, Tom Enders a lancé un mouvement de réorganisation qui veut briser une logique selon laquelle des fonctions similaires existent depuis des années sur différents sites du groupe. « La recherche est visée en premier lieu, mais aussi la stratégie, et les fonctions support, comme la communication, la finance, les ressources humaines et les achats », précise Thierry Préfol.

Tom Enders veut également envoyer un message fort aux marchés financiers qui ne regardent pas tant le match des commandes d’avions entre les deux principaux constructeurs que la marge bénéficiaire. Une subtile négociation va maintenant s’engager. Durant six mois, la direction va proposer de troquer l’absence de licenciements secs contre l’acceptation, par les organisations syndicales, de départs volontaires, de mobilité sur les différents sites du groupe et de retraites anticipées.

Solutions alternatives et départs anticipés

« Nous allons proposer à la direction dès janvier des solutions alternatives et négocier des mesures d’accompagnement pour favoriser les départs volontaires anticipés. Le PSE sera mis en place à compter de juillet jusqu’à la fin 2018. Mais si on n’atteint pas le nombre suffisant de départs volontaires, la direction n’exclut pas des licenciements », prévient le coordinateur adjoint CFE-CGC.

L’avionneur se veut rassurant. Dans un communiqué, il indique que « Airbus Group prépare l’avenir en poursuivant son investissement dans le développement des compétences cœur de métier. Quelque 230 postes seront créés en vue de sécuriser les compétences essentielles nécessaires pour assurer l’avenir de la société en cette ère de transformation digitale ».
Audrey Sommazi

Sur la photo : Malgré un carnet de commandes rempli, Airbus va procéder à des suppressions d’emplois. Crédits : FIA 2016

1 Commentaire

  • Le 30 novembre à 13:58 , par Jerome

    Ce n’est pas tant la suppression d’emplois mais l’absence de nouveau projet d’avion depuis plusieurs années alors que le dernier programme, celui de l’A350 avait débuté il y a plus de 10 ans, qui est alarmant… Plus qu’Airbus dont la mutation est en court, c’est pour l’avenir de Toulouse Métropole dont l’attractivité et tout son tissu économique, sont dépendants du seul avionneur, qu’il faut s’inquiéter…

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