ToulÉco

Publié le dimanche 8 octobre 2017 à 19h46min par Audrey Sommazi

Airbus visé par des enquêtes pour corruption, Tom Enders dans la tourmente

Tom Enders, président d’Airbus, a mis en garde le personnel du groupe contre une « période turbulente et déroutante » en raison de plusieurs enquêtes anti-corruption menées au Royaume-Uni, en France, en Autriche et bientôt en Allemagne.

Tom Enders, le PDG d’Airbus, a décidé de prendre les devants, anticipant une bourrasque politico-médiatique dans les prochains jours, à propos des enquêtes en cours sur les pratiques commerciales du géant européen de l’aéronautique. Le patron s’est fendu vendredi 6 septembre d’une lettre aux salariés pour les prévenir que l’entreprise s’apprêtait à traverser « des moments turbulents et déroutants », ont confirmé des salariés de l’avionneur.

Tom Enders se réfère aux enquêtes en cours. En août 2016, le Serious Fraud Office (SFO) organisme britannique chargé de la lutte contre la corruption et le Parquet national financier (PNF) français avaient annoncé l’ouverture d’une enquête pour des soupçons de fraude, de corruption et de rétrocommissions illégales versées sur le marché de l’aviation civile outre-manche.

Dans sa lettre,Tom Enders exhortait les employés de ne pas croire toutes les révélations publiées dans la presse et de lui faire confiance, selon des salariés, anticipant ainsi les informations du site Mediapart et du magazine allemand Der Spiegel. Les deux médias publiaient conjointement ce vendredi 6 octobre en fin de journée une enquête très détaillée dans laquelle Tom Endrers serait directement impliqué. Elle révèle la mise en place d’un « département parisien » d’Airbus pour créer « des sociétés-écrans » autour de son ancienne filiale de maintenance aéronautique, Vector Aerospace, cédée cet l’été à l’américain Standard Aero.

Une vente au Kazakhstan qui fait polémique

Vector serait en réalité une « caisse noire », selon les journalistes allemands repris par Mediapart, associé au Spiegel. Ce montage aurait permis « de verser des pots-de-vin à des décideurs basés en Autriche », pour la vente controversée de dix-huit avions de combat Eurofighter pour 2 milliards d’euros en 2003. A cette date, Tom Enders dirigeait la branche défense d’EADS, devenu Airbus Group en janvier 2014. Selon le parquet général de Munich, cité par l’AFP, une enquête pour corruption menée en Allemagne va « bientôt » être bouclée.

De son côté, l’ex-EADS tente de sauver les meubles. Deux enquêtes confiées à des cabinets extérieurs ont été commandées par EADS, raconte Mediapart. Elles ont débouché sur un rapport de dix-neuf pages rendu en 2007 et une autre de 1000 pages, rédigé fin 2013, un an après les perquisitions de la justice allemande au bureau de Munich d’EADS. A chaque fois, la conclusion est qu’il n’y a pas de corruption avérée.

Selon le quotidien Les Echos, Airbus pourrait être rattrapé par une autre affaire : la vente de quarante-cinq hélicoptères Eurocopter au Kazakhstan en 2010, qui a donné lieu à l’ouverture d’une information judiciaire en France, pour corruption. Toujours selon le quotidien économique, les magistrats en charge de l’enquête s’apprêteraient à convoquer dans les prochains jours, certains collaborateurs et anciens collaborateurs de l’ex-groupe EADS, afin de les entendre comme témoins dans cette affaire.

Contactée et invitée à réagir par ToulÉco, la direction d’Airbus n’a souhaité faire aucun commentaire.
Audrey Sommazi

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