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Publié le mardi 28 novembre 2017 à 17h30min par Johanna Decorse

Ariège. La station de Guzet chausse les skis en solo

En Ariège, département qui compte six stations de ski et quatre espaces nordiques, l’enjeu de cette saison sera de remonter la pente après un recul du chiffre d’affaires en 2016-2017. Le défi sera encore plus grand pour Guzet, sortie d’Altiservices fin septembre.

Changement de paysage en Ariège. La station de Guzet qui était jusqu’à présent exploitée par Altiservices, comme Saint-Lary, Font-Romeu et Artouste, vient de sortir de son giron. La délégation de service public qui liait depuis dix ans le domaine skiable à la filiale d’Engie s’est en effet terminée le 30 septembre dernier. Pour cette saison au moins, c’est le syndicat mixte de Guzet, réunissant la commune d’Ustou, la communauté de communes Couserans-Pyrénées et le département de l’Ariège, qui reprend en régie l’exploitation de la station ainsi que les neuf salariés permanents et les soixante saisonniers.

La décision a été prise au printemps à l’issue d’un appel d’offres auquel Altiservices a été la seule à candidater mais en demandant aux trois collectivités une contribution à l’exploitation de 955.000 euros au titre du fonctionnement, en plus d’engagements sur les investissements. « Nous n’avons pas accepté cette offre pour d’évidentes raisons financières. Dans le cadre d’une DSP de type affermage, c’est au délégataire de s’occuper du fonctionnement et d’assumer le risque de l’exploitation et au syndicat mixte de financer les investissements », explique Christine Téqui, présidente du syndicat mixte de Guzet. Pour Altiservices, qui exploite toujours Saint-Lary, Font-Romeu et Artouste, cette demande de contribution se justifiait par les « pertes structurelles » de l’ordre de 900.000 euros par an enregistrées par la station de Guzet depuis le début de la DSP.

Une DSP en régie intéressée

Un nouvel appel d’offres devrait être lancé d’ici la fin de l’année mais portera cette fois sur une DSP en régie intéressée dans le cadre de laquelle la collectivité rémunère le « régisseur intéressé » par une rétribution composée d’une redevance fixe et d’un pourcentage sur les résultats. « Le principe de relancer la procédure a été acté le 28 septembre. Le cahier des charges devrait été validé le 30 novembre. Notre but est de trouver quelqu’un pour la saison prochaine », confirme Christine Téqui. Mais d’ici là, c’est le syndicat mixte qui sera aux manettes. Et le challenge est important pour les collectivités qui veulent se placer dans la continuité de l’ancien exploitant, avec la « même qualité de services et le même professionnalisme ».

« Nous partons avec une structure d’entreprise et nous sommes organisés en interne et sur les pistes pour assurer cette année de transition. Sur le plan administratif, nous avons repris tout le personnel existant et procédé au recrutement des saisonniers et sur le plan commercial, le site de vente en ligne est opérationnel. Il nous reste à aller chercher nos clients », ajoute Christine Téqui.

La Savasem sur les rangs ?

Le syndicat mixte n’est pas novice en matière de domaine skiable puisque c’est lui qui a assuré la gestion de Guzet de 1993 à 2007 mais il arrive après deux saisons difficiles. En 2016-2017, la station a enregistré un chiffre d’affaires de 1,5 million d’euros et 78.000 journées ski contre 100.000 et 1,8 million d’euros les bonnes années. Plus globalement, au niveau de toutes les stations de l’Ariège, le volume d’activité, de 10,7 millions d’euros, a reculé de 3% l’année dernière, contre 1,6% pour l’ensemble du massif pyrénéen. Mais pour Guzet, une bonne saison pourrait renforcer l’intérêt des candidats potentiels à la DSP.

La Savasem qui exploite déjà Ax 3 Domaines, Ascou-Paillhères et depuis décembre 2015, les Monts d’Olmes pourrait se manifester. Pour la société d’économie mixte (1) créée en décembre 2004, ce « projet de développement fait partie des possibilités » explique avec prudence Cyril Bardin, son responsable communication. Pour la Savasem, l’enjeu est d’abord de réussir « la mise en réseau » de ses trois stations et de « construire des passerelles commerciales » avec les espaces nordiques de Beille et Chioula par le biais d’une carte d’abonnement multisites.
Johanna Decorse

Sur les photos : Le syndicat mixte de Guzet reprend la gestion de la station pour un an. Crédit : P.Brunet.
La station d’Ax reste à l’équilibre malgré de lourds investissements. Crédit : Ax-les-Thermes.

(1) La Savasem est détenue à 81% par des collectivités dont la ville d’Ax-les-Thermes, le conseil départemental et la communauté de communes de la Haute-Ariège le reste du capital étant aux d’actionnaires privés, EDF, le groupe andoran Pas-Grau Internacional et les banques Crédit Mutuel et Caisse d’Epargne.

A Ax, les Campels se modernisent

Du côté d’Ax 3 Domaines, première station des Pyrénées ariégeoises, la Savasem espère aussi remonter la pente après une saison marquée par une baisse des journées ski (340.000 contre 350.000) et du chiffre d’affaires (6,9 millions d’euros contre 7,4 en 2015-2016). La station dont les comptes restent équilibrés, a engagé d’importants travaux en vue du remplacement de ses remontées mécaniques dans le domaine des Campels mais elle doit encore boucler une partie de son plan de financement.

Dès le début d’année, le télésiège du Savis qui fêtera ses 30 ans, sera remplacé par un équipement pinces fixes quatre places avec un débit maximum de 1800 personnes/heure contre 800 actuellement. Le coût de 3, 5 millions d’euros est pris en charge par la Savasem. Deux autres télésièges neufs seront installés d’ici 2020 pour un investissement global de 20 millions d’euros (16,5 millions pour la commune d’Ax). Dans le cadre de ce plan d’investissement de grande envergure, la Sem met en avant sa gestion « de bon père de famille ».

« Les remontées mécaniques ne vont pas peser sur l’impôt. Le loyer d’1,8 million d’euros, versé à la ville d’Ax-les-Thermes est fixé sur le remboursement d’emprunt, explique Cyril Bardin. Quant à la Savasem elle-même, elle présente depuis douze ans des comptes équilibrés et dégage en moyenne 3% de bénéfices par an qui sont investis dans la modernisation des équipements ».