ToulÉco

Publié le dimanche 24 septembre 2017 à 18h59min par Johanna Decorse

Ariège : Les premières recherches liées à l’amiante démarrent dans la mine de Salau

Le projet de réouverture de la mine de tungstène de Salau continue de faire débat. La semaine dernière, alors qu’avaient lieu les premières recherches liées à l’amiante, les opposants se sont rassemblés devant le site. Les résultats sont attendus dans la semaine.

Après plusieurs mois de retard, les premières mesures d’évaluation de la présence d’amiante dans l’ancienne mine de tunsgtène de Salau ont eu lieu la semaine dernière. La société Protec, mandatée par l’entreprise Mines du Salat à laquelle le groupe Variscan Mines devrait transférer d’ici un an son permis d’exploration obtenu en octobre 2016, a en effet opéré des prélèvements pour une analyse de l’air ambiant.

Mercredi 20 septembre, deux pompes ont été installées, dont une à 40 mètres à l’intérieur de la première galerie et ont prélevé durant six heures des échantillons atmosphériques. Rassemblés sur le carreau de la mine, devant le nouveau portail qui a été installé pendant l’été, une centaine d’opposants ont dénoncé « une opération absurde ».

Une analyse « pipeau »

Pour eux, elle va seulement permettre au porteur de projet et à ses partenaires « d’investir, sans aucun contrôle ultérieur, les anciennes galeries de la mine ». « Cette analyse, c’est du pipeau. La mine est fermée depuis trente ans. Le taux d’humidité est tel qu’il ne peut y avoir aucune poussière dans l’air, mais on sait tous que Salau est une mine d’amiante, pas de tungstène. C’est un prétexte pour pouvoir la rouvrir », affirme Jacques Renoud, premier adjoint au maire de Couflens, commune sur laquelle se trouve la mine.

Présent lui aussi lors de cette opération d’analyse de l’air, Michel Bonnemaison a défendu son projet et son montage financier devant ses détracteurs. Ancien directeur général de Variscan Mines, société orléannaise à capitaux australiens qu’il a quittée le 31 juillet dernier, cet Ariégeois de naissance a les rênes en main.

Des investisseurs australiens

C’est lui qui est à l’origine de la société Mines du Salat qui détiendra à terme le titre minier. Cette nouvelle structure est détenue à 20% par Variscan Mines et à 80% par Ariège Tunsgtène, société par laquelle vont transiter les 25 millions d’euros nécessaires au chantier d’exploration, provisionnés par Apollo Minerals. La junior australienne a en effet accepté de reprendre le contrat qui liait à l’origine Variscan Mine au fonds Juniper Capital Partners dont la domiciliation dans un paradis fiscal posait problème à l’Etat français.

Pour l’heure, Apollo Minerals a bien racheté toutes les parts mais elle ne les paiera que si le potentiel de la mine est démontré. Ce qui explique que Juniper soit toujours dans la boucle « pour se tenir informé » via son consultant Ajay Kejriwal, nommé directeur non-exécutif d’Apollo Minerals, tout comme Michel Bonnemaison, Selon ce dernier, la junior cotée à la bourse de Sydney, aura dépensé d’ici la fin de l’année quelque 500.000 euros dans le projet de Salau.

Pour l’heure, le président-fondateur de Mines du Salat progresse à petit pas. « Cette étude de l’air va conditionner les futures visites. Je ne pense pas qu’il y ait de l’amiante naturelle dans la mine mais si on en trouve, il faudra agir en conséquence. La deuxième étape consistera à sécuriser les galeries et à cibler les 350 zones d’échantillonnage pour l’analyse de roche », explique Michel Bonnemaison.

Après l’air, les roches

Cette étude approfondie du risque amiantifère devrait démarrer mi-octobre pour trois ou quatre mois. C’est le gros du travail de recherche sur l’amiante. Elle fera l’objet d’une tierce-expertise menée par un géologue et une métrologue de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, alimentation, environnement, travail (Anses), désignés par l’Etat. « Ce sont deux experts dont la parole est reconnue et les compétences, identifiées par tous », assure la préfète de l’Ariège Marie Lajus. Les résultats des analyses de roches, au coût de plus de 100.000 euros, à la charge du porteur de projet, devraient intervenir début 2018. La question de l’amiante, déterminante pour la réouverture ou non de la mine de Salau, sera en passe d’être tranchée.
Johanna Decorse

Sur les photos :
En haut : Plus d’une centaine d’opposants au projet de réouverture de la mine de tungstène de Salau, en Ariège, se sont mobilisés la semaine dernière devant le site pour faire entendre leur voix.

En bas : Selon Michel Bonnemaison, ancien directeur général de Variscan Mines, le potentiel de minerai à Salau est de l’ordre de 50.000 tonnes. Cet Ariégeois, porteur du projet via la société Mine du Salat, a « les rênes pour la partie française » car le financement des travaux de recherche lui, est assuré par la société d’exploration australienne Apollo Minerals.
Photos Rémy Gabalda - ToulÉco.

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