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Publié le dimanche 27 octobre 2019 à 17h12min par Sylvie Brouillet

Arkolia Energies revoit sa copie sur le projet photovoltaïque SoLarzac

Face à l’opposition, l’opérateur héraultais Arkolia Energies va revoir à la baisse son projet de centrale photovoltaïque sur le plateau du Larzac. Abandonnés, les premiers scénarios portaient sur des formats de 180 à 320 MWc et 200 à 600 millions d’euros.

Le Domaine de Calmels, sur le plateau du Larzac, sera-t-il un jour couvert de panneaux photovoltaïques ? Ce grand domaine de chasse privée de 1000 hectares (situé sur la commune du Cros) a été repéré par l’opérateur Arkolia Energies (basé à Mudaison en Hérault) qui veut y bâtir une centrale photovoltaïque au sol de très grande taille. Trois scénarios de 180 à 320 MW sur 200 à 400 hectares, chiffrés de 200 à 600 millions d’euros, ont été présentés aux habitants lors d’une procédure de débat public de mai à juillet. Mais deux tiers des 481 participants ont manifesté leur opposition. Arkolia Energies en tire les conséquences : « Le projet est à retravailler », indique le 23 octobre à Montpellier le président Laurent Bonhomme. « Nous allons poursuivre les études vers une centrale plus petite, garantir la protection de l’environnement et de la biodiversité, renforcer l’activité agricole ».

Un comité de suivi et de pilotage pluridisciplinaire - recommandé dans le rapport du débat public -, sera créé pour redimensionner un projet « acceptable », après des études supplémentaires. Il sera présidé par le professeur émérite de géographie urbaine et régionale à l’université Paul-Valéry de Montpellier, Jean Paul Volle. Arkolia Energies envisage de revenir avec un projet recalibré dans un an. Il contiendra si possible une dose de power-to-gas, innovation sur laquelle travaille l’opérateur qui doit ouvrir à l’horizon 2021 un pilote de 100 kW pour convertir l’électricité en gaz sur le site de sa centrale solaire au sol de Saint-Côme et Maruéjols, dans le Gard.

Fondé en 2009, Arkolia Energies est aujourd’hui un acteur solaire, éolien et biogaz avec un chiffre d’affaires de 55 millions d’euros en 2018, qui devrait monter à 90 millions en 2019. Employant quatre-vingt-deux salariés, il projette d’embaucher vingt à trente personnes par an. C’est l’un des rares opérateurs ENR héraultais à rester indépendant, après une vague de rachats par de grands groupes d’une demi-douzaine de confrères en 2018 et 2019. « Nous ne sommes pas du tout vendeurs, nous avons refusé des montants très importants », assure Laurent Bonhomme.
Sylvie Brouillet

Sur la photo : le Domaine de Calmels, sur le plateau du Larzac, est pressenti pour accueillir une centrale photovoltaïque au sol de grande taille. Crédits : DR.

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