ToulÉco

Publié le dimanche 23 juin 2019 à 18h22min par Audrey Sommazi

Au Bourget, Airbus et ATR gonflent leurs carnets de commandes, Boeing sauve la face

La moisson de commandes a été particulièrement bonne pour Airbus au salon aéronautique du Bourget, qui vient de fermer ses portes. Son concurrent américain Boeing voit le bout du tunnel après les crashs et l’immobilisation de ses 737 Max. ATR se rassure.

Le millésime 2019 du salon du Bourget restera-t-il comme un grand cru ? Comme à leur habitude, Airbus et Boeing ont mis à profit la quatrième journée professionnelle de ce grand raout mondial de l’aéronautique pour faire le bilan de leur salon.
L’avionneur européen a été enchanté par cette 53e édition. Guillaume Faury, dont c’était le premier salon dans ses nouvelles fonctions, peut se frotter les mains. Car, son groupe a enregistré 363 commandes (149 commandes fermes et 214 engagements d’achat) pour un montant de 50 milliards de dollars (44,3 milliards d’euros) selon le tarif catalogue. Pour rappel, l’édition 2017 s’était soldée par 326 commandes.

Plus que ce pactole, c’est la réussite du lancement commercial de l’A321 XLR qui restera dans les mémoires. En offrant aux compagnies aériennes les capacités d’un long-courrier avec les coûts d’un moyen-courrier, ce monocouloir long-courrier lancé lundi 17 juin a été une des stars du salon, engrangeant une pluie de contrats : dix avions pour la compagnie soudienne Flynas, cinquante pour American Airlines et Indigo, trente-six pour Quantas onze pour China Airlines. Avec cette bonne entrée en matière, Airbus prend déjà une longueur d’avance sur Boeing sur ce nouveau segment de milieu de marché.

Le salon aéronautique du Bourget a également permis à ATR de se rassurer. Le constructeur aéronautique basé à Toulouse Blagnac et spécialisé dans les turbopropulseurs a ainsi profité de cette grand messe pour annoncer soixante-quinze commandes, dont trente-cinq fermes de la part de la compagnie NAC. Montant estimé total : 1,7 milliard de dollars. « ATR est ainsi en bonne voie pour atteindre ses objectifs de commandes pour 2019 », constate l’avionneur. Par ailleurs, le salon a été l’occasion d’annoncer la sortie d’une nouvelle version de son appareil ATR 42-600S pour décollages et atterrissages courts. Trois clients se sont déjà officiellement positionnés, dont Air Tahiti et Elix Aviation. De bon augure, selon le président exécutif d’ATR Stefano Bortoli.

Coup de théâtre pour Boeing

Avant l’ouverture du salon, la crainte était forte que Boeing reparte bredouille, sans aucun nouveau contrat pour son 737 Max, immobilisé à terre depuis le 13 mars et les deux accidents qui ont coûté la vie à 346 passagers et membres d’équipages.

L’Américain a été sauvé par International Airlines Group (IAG), la maison mère de British Airways, Iberia, Aer Lingus, Level et Vueling, qui a signé une lettre d’intention pour 200 exemplaires.
En cumulant toutes les annonces de l’avionneur américain, on arrive même à 282 commandes et engagements d’achat, contre 571 en 2017.
A.S.

Sur la photo : Airbus a profité du salon du Bourget pour fêter les cinquante ans de sa création. Crédits : A. Doumenjou - Master films pour Airbus.