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Publié le lundi 2 juillet 2018 à 19h50min par Johanna Decorse

Automobile : Un accord en passe d’être signé chez Bosch Rodez

Les négociations autour de l’accord de transition voulu par Bosch pour son site de Rodez devraient aboutir d’ici le 4 juillet. Cet accord, validé par les syndicats sauf la CGT, prévoit le recours à une activité partielle jusqu’à fin 2021.

Après six mois de négociation, trois jours de blocage du site d’Onet-le-Château courant mars, la direction de Bosch Rodez est parvenue à un consensus avec les syndicats au sujet de l’accord voulu par la maison-mère allemande. Il devrait être signé d’ici le 4 juillet. Fin janvier 2018, l’équipementier s’est engagé à investir 14 millions d’euros pour moderniser l’une des deux lignes de production de l’usine aveyronnaise sous réserve qu’un accord dit « de transition » soit signé par le personnel sur la période 2018-2021.

Dédiée exclusivement à la fabrication et l’usinage de composants pour les moteurs diesel, elle compte parmi les sites français de Bosch les plus exposés à la baisse accélérée de ces motorisations en France et en Europe. Faute d’accord, le groupe a annoncé la mise en œuvre dès la fin de l’année d’un plan social portant sur 700 emplois sur un total de 1545 salariés. Si elle réussit à obtenir l’adhésion des salariés, la direction de Bosch a promis d’assurer au site aveyronnais a minima 8% de la production d’injecteurs vendus sur le territoire européen pour les trois ans et demi qui viennent.

Jusqu’à 900 euros de pertes

Sur le volet de la diversification du site, demandée par l’Etat, l’équipementier pourrait investir jusqu’à 30 millions d’euros pour trouver de nouveaux débouchés qui permettraient d’occuper 300 salariés à l’horizon 2021. Mais en contrepartie, les salariés rhuténois vont devoir accepter une activité partielle dont le recours sera limité, notamment par des arrêts de production à l’occasion des congés, aux deux tiers imposés par la direction. Cette dernière a exigé que le personnel prenne en charge 50% du montant du coût résiduel occasionné par les périodes d’activité partielle. Ce montant sera prélevé « au réel sur l’intéressement perçu » durant la période 2018-2021. Les salariés pourraient perdre jusqu’à 900 euros par an selon les informations des syndicats.

La CGT dit non

Parties groupées au début des discussions, les organisations syndicales se sont divisées le 14 juin dernier lorsque la CGT a annoncé qu’elle ne signerait pas l’accord. Elle dénonce « l’absence de projet industriel d’avenir » et « l’amateurisme de la direction dans le déroulé des négociations ». Le syndicat Sud, majoritaire à Rodez, a fini par accepter les conditions de la direction de même que la CFE-CGC selon laquelle l’accord va donner « une bouffée d’oxygène au site pour les trois années à venir afin d’apporter une pérennité à l’usine, même si le volet industriel n’est pas aussi garanti que souhaité… »

La CFDT devrait aussi s’y résoudre. « Nous avons lutté en faveur d’une suite pour l’usine avec des produits Bosch existants. Cela a été un échec. S’il y a une chance, aussi petite soit-elle, de maintenir le site avec des projets de diversification, nous pensons qu’il faut la saisir. Trois ans de travail, c’est mieux que commencer le PSE dans six mois », explique Jean-Noël Cruilles, délégué syndical CFDT pour qui un plan de sauvegarde de l’emploi portant sur 700 postes, « mettrait en danger le site entier », le privant d’une « taille critique ». Mais si malgré les efforts des salariés, « un PSE venait à se dessiner à Rodez durant la période de l’accord, la situation sur notre site deviendrait explosive » a prévenu le syndicat Sud.
Johanna Decorse

Sur la photo : La direction de Bosch devrait signer l’accord de transition avec trois syndicats sur quatre d’ici le 4 juillet Crédits : DR