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Publié le lundi 12 février 2018 à 17h44min par Marie Deshayes

Avec Chantal Manescau, les thermes de Salies du Béarn ont retrouvé leur sel

Après dix-huit ans passés à la tête d’une clinique, Chantal Manescau a pris les rênes des thermes de Salies-de-Béarn en 2011. Alors que l’établissement se trouvait au bord de la faillite, elle a redressé les thermes au point d’en faire une référence en la matière.

Quand on parle de femmes diri­geantes d’entreprises en Béarn, un nom revient toujours dans les conversations : celui de Chantal Manescau. Elle gère depuis début 2011 les thermes de Salies-de-Béarn, un établissement en accord avec son tempéra­ment : à la fois carré et haut en couleur. Et elle a réussi à tirer l’établissement construit au XIXe siècle d’une situation peu enviable : des installations vétustes, plus de 500.000 euros de pertes structurelles, une fréquen­tation à la baisse avec à peine 2000 curistes par an et une image vieillotte. « J’ai mis un point d’honneur à restructurer les thermes sans licenciements », souligne-t-elle. Un pro­gramme de modernisation et de rénovation est lancé en 2012, ce qui permet de revenir à l’équilibre.

L’investissement s’élève à 4 mil­lions d’euros, soutenu par des opérateurs pu­blics et privés. Mais Chantal Manescau veut encore trouver un vecteur de communica­tion fort. En se promenant avec un historien local dans la petite ville de Salies, la directrice a une révélation devant la statue de la Mude (« la muette », en béarnais). « Je me suis dit : c’est elle. C’est elle qui doit incarner le renou­veau des thermes. » Elle représente le sel, la beauté, la fécondité, la jeunesse. La directrice convainc la Corporation des Parts-Prenants de faire de la Mude l’icône des thermes. Ces cinquante familles salisiennes propriétaires des sources depuis 1587 avaient leur mot à dire sur l’utilisation de l’image de la fameuse statue.

Deux fois plus de visites

De 2011 à 2016, le nombre de curistes et de clients du spa thermal a doublé (près de 4000 pour l’un, plus de 8000 pour l’autre). Les espaces aquatiques sont passés de 33.000 à 41.000 entrées. On y trouve donc, d’un côté, la partie médicale, avec des cures conventionnées. Et de l’autre, la partie spa thermal axée sur le bien-être. Nouveauté en mars 2017 : l’ouverture d’une « Escale sensorielle », dont le côté « divin, magique » est revendiqué par la directrice. Au programme, une déambulation dans une grotte de sel, de l’aromathérapie, de la chromothérapie (pour les couleurs) et de l’halothérapie (pour les bienfaits du sel). Le parcours s’achève par le Lagon de la mer Morte, où on se laisse flotter dans une eau à 300 grammes de sel par litre.

Chantal Manescau a redressé l’activité des thermes : en 2015, le chiffre d’affaires était de 2,9 millions d’euros avec une augmenta­tion prévue de 20% pour 2016.
La dirigeante ne partait pas de zéro : « Ma culture médicale m’a aidée à instaurer une relation de confiance », avec le personnel et les clients. Elle a en effet géré une cli­nique à Orthez, pendant dix-huit ans, et s’était battue pour y créer un pôle de san­té public-privé, avec acharnement et un brin d’audace… Un peu comme pour les thermes.
Marie Deshayes

Sur la photo : Chantal Manescau, directrice des thermes de Salis-du-Béarn. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco