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Publié le mercredi 15 janvier 2020 à 19h00min par Isabelle Meijers

Mobilités du futur : le projet porté par Toulouse retenu par le Gouvernement

Décongestionner le territoire par le développement de services innovants de mobilité…C’est l’ambition du projet Vilagil de Toulouse Métropole qui a été sélectionné par le Premier ministre. Près de 165 millions d’euros d’investissement sont annoncés.

On en sait un peu plus sur Vilagil. En septembre dernier, l’État avait approuvé cet ambitieux projet porté par Toulouse Métropole, qui prévoit le développement de nouvelles solutions de mobilité. Décongestionner et décarboner un territoire concentrant 910.000 personnes sont les objectifs poursuivis. Vilagil prend corps. Il représente un plan d’investissement global de 165 millions d’euros (voir encadré) et fédère vingt-deux partenaires publics et privés dont Tisseo, le Sicoval, la Région Occitanie, Airbus, Bouygues, Sopra Steria, GeoPost, Mappy, l’Onera, l’UPS pour n’en citer que quelques-uns.

Services alternatifs à la voiture individuelle

« À horizon 2030, nous voulons faire de Toulouse une vitrine des nouvelles formes de mobilités alternatives à la voiture individuelle et proposer un ensemble innovant de services multi-modaux, au sol et dans les airs, encore appelé Maas (Mobility as a service). Ces solutions feront appel à des technologies du type mobilité aérienne urbaine, intelligence artificielle ou big data », explique Marc Bel, directeur général délégué en charge de l’Économie à Toulouse Métropole. L’ambition du projet dépasse Toulouse puisque ce nouveau modèle pourrait être proposé à l’échelle nationale et internationale.

« Avec 500.000 déplacements quotidiens supplémentaires à horizon 2025, liés à la croissance démographique de la métropole qui enregistre 15.000 habitants de plus par an, nous estimons que 300.000 de ces déplacements pourraient être absorbés par les futures infrastructures de l’offre de transport public mais que 200.000 nécessitent des solutions complémentaires », souligne Marc Bel.

Francazal pour l’expérimentation in vitro, Rangueil pour l’in vivo

En pratique, deux zones géographiques d’expérimentation ont été identifiées. L’une, située à Francazal, qualifiée « d’in vitro », servira de démonstrateur des solutions développées. « Toulouse Métropole doit encore racheter trente-huit hectares de foncier sur la base de Francazal et les dépolluer. Les premières installations d’acteurs de la mobilité, constructeurs de taxis volants, de drones, de véhicules autonomes, de vélos électriques, de trottinettes, etc. devraient intervenir courant 2021 et 2022 », détaille Marc Bel.

Le quartier des expériences vivantes ou zone test « in vivo » se situera autour du campus scientifique de Rangueil et de Toulouse Montaudran dès 2023 et 2024. « Un appel d’offres pour une concession de service sur cinq ans confiée à un opérateur de services intégrés allant du scooter à la navette autonome ou au vélo tout en privilégiant les modes électriques, sera lancé. Et un premier cas d’usage d’eVTOL ou drone taxi sera testé entre les deux CHU, de Rangueil à Purpan, pour le transport de matériel médical ou de sang, en utilisant le couloir naturel de la Garonne », prévoit Marc Bel.

Toulouse, un écosystème favorable à l’innovation dans les mobilités

Il est à noter que la métropole de Rouen Normandie a aussi été sélectionnée par l’État pour son projet « Mobilité intelligente pour tous » qui vise à fluidifier les déplacements et réduire de 30% les trajets en voitures individuelles. Pour sa part, sur le papier, à horizon 2030, Vilagil s’est fixé comme objectifs une diminution de 5% du nombre de véhicules sur le territoire en cinq ans, une économie de 470.000 trajets soit 12 millions de kilomètres et le développement de l’électromobilité avec 200.000 immatriculations en Haute-Garonne.

« Nous avons à Toulouse les cerveaux, les entreprises, les laboratoires de recherche, les universités et les écoles. Nous avons aussi un réel besoin avec une congestion de nos réseaux routiers et un étalement urbain galopant. Enfin, nous apportons une vision monde. Nous avons tout ce qu’il faut pour faire de Toulouse la championne des mobilités », espère Marc Bel.
Isabelle Meijers

Sur la photo : la rocade toulousaine doit faire face à un trafic en augmentation constante. Crédits : TM- DR.

Le financement en question

L’appel à projets de l’État « territoires d’innovation », auquel Toulouse Métropole a répondu avec Vilagil, s’inscrit dans le cadre du Programme des Investissements d’Avenir (PIA). Sur quarante-huit candidatures, vingt-quatre lauréats, dont six métropoles, ont été retenus, bénéficiant d’une enveloppe de 450 millions d’euros sur dix ans.

Pour Vilagil, l’État prévoit 4,6 millions d’euros de subvention et des prises de participation d’un total de 31,1 millions d’euros dans des sociétés existantes ou à créer (à hauteur de 30% du capital). Le budget prévisionnel du projet mobilisant action publique et partenaires privés atteint 165 millions d’euros.