ToulÉco

Publié le jeudi 26 avril 2018 à 19h30min par Audrey Sommazi

« Avec ses nouveaux locaux, l’IRT Saint-Exupéry aura des conditions parfaites pour expérimenter »

article diffusé le 28 février 2018

Depuis quelques jours, les premières équipes de l’IRT Saint Exupéry emménagent dans une partie du bâtiment B612, situé dans le quartier Toulouse Aerospace. L’occasion de faire un point sur l’institut avec Gilbert Casamatta, son président.

Gilbert Casamatta, pourquoi l’emménagement dans le B612 revêt-il un caractère important pour l’IRT ?
Nous étions dans l’attente de l’émergence de Toulouse Aerospace, cette nouvelle zone d’innovation centrée sur l’aéronautique et les systèmes embarqués qui va permettre de développer une logique de site complet. Et le B612 s’érige comme le point névralgique du projet Toulouse Aerospace. Ce bâtiment héberge l’IRT sur 12.000 m², à côté du pole Aerospace Valley. Nos bureaux se déploient sur 4000 m² et les treize plateformes d’innovation, dont neuf technologiques (fabrication additive, cabine de peinture spéciale, numérique, etc.), sur 7000 m². Concernant le calendrier, les premières équipes s’installent sur le site depuis le 12 février et le déménagement des machines s’échelonnent progressivement sur cinq mois. Ce déménagement confirme la position stratégique de l’institut pour la recherche aéronautique française. A noter que le 11 octobre, l’IRT accueillera le forum annuel des IRT.

Quel est le bilan de l’IRT depuis sa création en 2013 ?
Il comptabilise quuarante-quatre projets dans lesquels ont été investis plus de 110 millions d’euros. L’IRT a produit dix-huit brevets, déposés ou en cours, vingt-trois logiciels, cinquante résultats techniques transférés (exploitables par les industriels, NDLR), onze thèses et quarante-trois actions de formation. L’IRT est une machine qui produit. Le B612 nous donne l’outil emblématique et efficace. Mais en même temps, l’institut se déploie. Nous avons ouvert une antenne à Bordeaux et à Sophia-Antipolis à la demande de Thales.

L’institut génère-t-il de l’emploi ?
Nous comptons 294 chercheurs, dont 142 employés par l’IRT. Parmi eux, 41 doctorants, 8 post-docs et 105 experts scientifiques. Les 152 autres personnes sont détachées de l’industrie. L’IRT est un lieu qui fait de la recherche technologique multi-partenarial intégré, les machines et les personnes étant sur place. Notre réflexion s’inscrit dans une logique intra-filière et inter-filière.

Quel est son budget de fonctionnement ?
La dotation de l’État, dont la tranche 2 vient d’être signée en janvier pour les trois prochaines années, est extensible, de 55 millions à 65 millions d’euros. Ce budget doit être multiplié par deux avec les apports industriels. Les dépenses annuelles sont de l’ordre de 33 à 35 millions d’euros.

Quels sont les domaines sur lesquels vous travaillez ?
L’institut vise à élaborer des technologies de rupture dans trois domaines clés : matériaux multifonctionnels à haute performance, aéronef plus électrique et systèmes embarqués. Avec les nouveaux locaux, nous aurons des conditions parfaites pour mettre en œuvre les volets expérimentaux de nos projets. Comme le projet Feline, dont l’objectif est de répondre aux enjeux de l’avion plus électrique et de renforcer la compétitivité des partenaires industriels. Avec un budget de 6,25 millions d’euros, ce projet, qui réunit dix acteurs industriels (Airbus, Actia, Continental, Liebherr, Thales Alenia Space, etc.) et trois académiques, dont le Laas-CNRS, s’intéresse à la robustesse des composants électroniques.
Propos recueillis par Audrey Sommazi

Sur la photo : Gilbert Casamatta effectue son deuxième mandat comme président du conseil d’administration de l’IRT Saint Exupéry. Photo Hélène Ressayres - ToulÉco