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Publié le mardi 11 avril 2017 à 18h30min par Agnès Fremiot

« Nous allons travailler contre l’exercice illégal de la profession d’expert-comptable »

article diffusé le 23 janvier 2017

Béatrice Charlas vient d’être élue Présidente du Conseil régional de l’Ordre des experts-Comptables de Toulouse Midi-Pyrénées pour un mandat de deux ans. Elle devra notamment travailler aux rapprochements des régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.

Pourriez-vous nous présenter votre parcours ?
J’ai effectué mes études secondaires à Toulouse, du BTS au diplôme d’expertise-comptable. J’ai décroché en 1989 mon premier emploi au sein du cabinet Caumeil et Associés à Toulouse, un cabinet régional de moins de dix personnes. En 1998, j’ai intégré une structure de dimension nationale, KPMG, et j’ai été promue associée en 2006. J’ai alors pris en charge la direction de l’équipe expertise-comptable conseil aux entreprises à Toulouse. Au sein des instances de la profession, j’ai d’abord été chargée de la communication en 2007/2008, avant de m’occuper du contrôle du stage jusqu’à mon élection en tant que présidente.

Quels sont vos objectifs à la tête de la profession ?
La nouvelle équipe a été exceptionnellement élue pour un mandat de deux ans, contre quatre pour nos prédécesseurs. En effet, jusqu’au 31 décembre 2018, notre mandat va rester concentré sur la région Toulouse Midi-Pyrénées, mais nos contours vont changer et nous allons être regroupés sous la bannière Occitanie dès le 1er janvier 2019. Avec mon homologue de Languedoc-Roussillon, nous allons essayer d’appliquer au mieux ce qui est dicté par le Conseil supérieur de la profession au regard de cette réforme territoriale. Nos deux régions ont des caractéristiques économiques semblables et un nombre d’inscrits au tableau de l’ordre comparables (environ 900 experts-comptables), ce qui devrait aboutir certainement à la constitution de deux comités territoriaux.

Quel est votre programme ?
Mon objectif est de constituer trois pôles. Le premier sera le pôle réglementaire. Il regroupera les commissions régaliennes (inscription au tableau de l’Ordre, déontologie, etc.). Un de ses axes principaux de travail sera la lutte contre l’exercice illégal de la profession. Avec Internet, nous assistons au développement d’une concurrence déloyale de la part de personnes, qui ne peuvent pas prétendre au même niveau d’analyse que les experts-comptables. Je rappelle que nous sommes soumis à un contrôle qualité et à des obligations de formation dans l’intérêt de nos clients. Ce phénomène est notamment un fléau pour les jeunes entreprises.

Quelles sont vos autres priorités ?
Notre deuxième commission va travailler sur l’attractivité de notre profession. Nous souhaitons continuer à attirer les jeunes vers notre profession, mais nous souhaitons aussi étudier la manière de les conserver dans nos cabinets. Une des clés de cette mission porte, selon moi, sur un management dit « agile ». Nous devons aussi leur proposer des missions innovantes. L’attractivité, c’est également répondre aux besoins de nos clients, et surtout nous intéresser à leurs nouveaux besoins, au-delà de la production de comptes et des obligations déclaratives que nous assurons au quotidien, nous devons développer de nouvelles missions autour notamment du pilotage de l’entreprise mais aussi de la transmission.
Nous allons enfin travailler sur les compétences. C’est un enjeu important pour la profession, afin de reconquérir les missions de conseil à forte valeur ajoutée. Nous allons nous impliquer, par exemple, dans la transition numérique pour nos cabinets, comme pour nos clients, avec une sensibilisation accrue sur la cybersécurité, qui devient un enjeu majeur pour toutes les entreprises.

Pour terminer, avez-vous un message à adresser aux entreprises ?
L’expert-comptable doit aujourd’hui redonner confiance aux chefs d’entreprise. Il doit être présent pour sécuriser et accompagner son parcours. Cette confiance ne peut passer que par un vrai choc de simplification de la gestion administrative et des obligations déclaratives de nos clients. Il faut cesser d’accabler les entreprises de réglementations qui ne font que les étouffer.
Propos recueillis par Agnès Frémiot

Sur la photo : Béatrice Charlas vient d’être élue Présidente du Conseil régional de l’Ordre des Experts-Comptables de Toulouse Midi-Pyrénées. Crédit photo : DR.