YOUYOU

ToulÉco

Publié le jeudi 8 février 2018 à 20h47min par Armelle Parion

Bruno Rost, le patron qui monte sur les planches

A la tête de deux entreprises le jour, Bruno Rost se mue le soir en Toni Rostini. Ce patron pas comme les autres joue son nouveau one-man-show le 13 février à la Comédie de Toulouse. Dans « La vie rêvée d’un petit patron », il aborde les petits et grands tracas de la vie de chef (...)

Lorsqu’il s’est lancé dans la comédie, il y a deux ans, avec son premier spectacle « Tonitruant(d) », dans lequel il abordait sa vie de petit fils d’immigrés siciliens, il a rempli la salle dès la première date. Pour Bruno Rost, qui a grandi dans le quartier Saint-Agne à Toulouse, monter sur les planches relevait du défi. « Je ne voulais pas le regretter sur mon lit de mort. Mes salariés craignaient que cela ne casse l’image du patron, mais mon personnage de Toni Rostini donne une image plus décontractée à mes entreprises ».

Depuis l’âge de 19 ans, Bruno Rost a monté de nombreuses affaires. Aujourd’hui installé à Bordeaux, le patron de 51 ans dirige Worldcast Systems, une PME de 106 salariés dans la French Tech, reprise il y a vingt ans et qui conçoit des équipements pour la radio et la télévision commercialisés dans le monde entier. Il est également à la tête d’une TPE de dix-sept salariés créée en 2003, AS Industries. Ce laboratoire de contrôle technique travaille pour les entreprises industrielles françaises importatrices des domaines du ferroviaire, des télécoms et de l’aéronautique.

« Quand j’ai repris Worldcast Systems, nous sommes montés de vingt à 160 salariés, mais avec la crise des télécoms, le chiffre d’affaire a été divisé par deux. J’ai dû faire une restructuration pour sauver la boîte. On ne peut pas réussir à tous les coups », raconte le serial entrepreneur.

Porte-voix

Dans « La vie rêvée d’un petit patron », pendant une heure trente de spectacle répartie en quatre chapitres, Toni Rostini raconte, seul sur scène, les anecdotes les plus drôles comme les galères des chefs d’entreprises, passant en revue les banquiers, les contrôles fiscaux, les tracas administratifs, l’inspection du travail… L’admirateur de Raymond Devos et Jerry Lewis y ajoute une pincée d’auto-dérision, pour parler des nouvelles méthodes de management, des start-up « censées sauver l’économie française »…

L’un de ses sketches intitulé « Petit », un clin d’œil à sa petite taille, lui permet d’évoquer en filigrane l’excès de modestie et le manque de prise de risques qui caractérisent la plupart des patrons. « En montant sur scène et en faisant rire, je me suis rendu compte que j’étais un porte-voix. En France, il y a un gros tabou, concernant la faillite. Il faut changer les mentalités sur l’échec entrepreneurial ».

Soutenir les patrons en difficulté

Investi, Bruno Rost a cofondé « Les vigies des entrepreneurs », une association qui organise le Tour de France du rebond, afin de valoriser les initiatives en faveur du rebond des chefs d’entreprises.

A côté de sa tournée grand public, qui a démarré en décembre à Lyon et doit passer par Marseille, Paris et Bordeaux, il propose aussi son one-man-show aux organisations patronales et syndicales. Il a déjà joué pour la Fédération du bâtiment, la CPME, le Medef et le Centre des Jeunes Dirigeants. Aujourd’hui, Bruno Rost n’est plus que patron à mi temps, après la reprise de ses entreprises par ses salariés. « La création artistique ressemble à la création d’entreprise. Ce nouveau métier a changé ma relation aux autres ».
Armelle Parion

Sur la photo : Bruno Rost, dans la salle de la Comédie de Toulouse, où il jouera son spectacle mardi 13 février. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco

P.S. :
Les entrepreneurs en difficulté peuvent gagner une place gratuite pour le spectacle du 13 février à la Comédie de Toulouse (16 rue Saint-Germier, à 20h30) en contactant Toni Rostini au 06 14 79 00 70.

3 Commentaires

Répondre à cet article