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Publié le jeudi 21 novembre 2019 à 19h30min par Sophie Arutunian

Kippit : « Les gens sont prêts à mettre le prix dans un équipement durable »

Investir 150 euros dans une bouilloire ? Oui, si elle est responsable, durable, réparable, et locale. C’est le pari de la société toulousaine Kippit, qui vient de remporter le prix de l’Innovation au salon Made In France. Interview de sa cofondatrice, Kareen Maya Levy.

Kareen Maya Levy, Kippit propose de l’électroménager innovant à plusieurs titres… quelle est la promesse de votre société ?
Notre promesse est de créer de l’électroménager durable, réparable, responsable et local. Et cet électroménager doit bien sûr être performant, mais aussi évolutif, fonctionnel et esthétique. Ce sont des exigences et non des contraintes. La durabilité est le point de départ de tout notre modèle économique. Une entreprise classique qui essaie de passer au durable peut avoir un parcours compliqué, mais pour nous la durabilité est un ADN. Elle conditionne donc la manière de fabriquer, le sourçage des matériaux, et le lien avec des consommateurs que nous ne verrons, si tout va bien, qu’une seule fois !

Actuellement Kippit a réalisé un prototype de bouilloire qui sera bientôt produite dans un atelier à Beauzelle près de Toulouse. Concrètement qu’a t-elle de particulier ?
Tout d’abord elle sera faite essentiellement en inox, qui est un matériau très solide et qui se recycle. Nous tenons aussi à la facilité de fabrication car qui dit durable, dit réparable. Avec l’usure il y aura au bout d’un certain nombre d’années des pièces à changer. Du coup, il faut que rien ne soit collé ou soudé, tout doit être glissé et accessible. Tous les plans seront disponibles en open source pour les bricoleurs qui veulent y ajouter un programme, une fonctionnalité. Nous tenons aussi à ce que les évolutions des produits soient rétro-compatibles. À l’inverse d’un iPhone où l’on est obligé d’acheter la dernière version pour être à jour, notre électroménager pourra être mis à jour quel que soit l’âge du modèle. Enfin, cette bouilloire fera aussi chauffe biberon, bain-marie, infuse-thé, cuisson vapeur !

Êtes-vous bien sûre que les consommateurs sont prêts à mettre 130 à 150 euros dans une bouilloire ?
Oui plus que jamais. J’en suis convaincue, les gens sont désormais prêts à mettre le prix dans un équipement durable. J’en veux pour preuve l’accueil extraordinaire que nous avons eu au salon Made In France (où la startup a remporté le prix de l’Innovation, NDLR). C’est bien au-delà de ce que nous avions imaginé, et nous sommes d’ailleurs en train de revoir notre business plan à la hausse. Pour cette raison, je ne peux pas communiquer de chiffre d’affaires prévisionnel.

Où seront fabriqués vos produits et comment se les procurer ?
Après la bouilloire viendra le lave-linge puis un grille-pain. Nous avons inventé le modèle d’atelierisation, a contrario de l’industrialisation. Nous souhaitons que les objets soient fabriqués au plus près des consommateurs dans des ateliers partout en France. Le premier ouvrira à Beauzelle mi-janvier, avec comme objectif de créer des emplois pérennes, au moins cinq dans un premier temps. Nos produits seront disponibles en ligne. Des grands distributeurs d ’électroménager sont déjà intéressés pour nous commercialiser, mais nous voulons aussi nous assurer que cela nous corresponde, philosophiquement.
Propos recueillis par Sophie Arutunian

Sur la photo d’en haut : l’équipe de Kippit au salon du Made in France. Au milieu : la bouilloire de Kippit. Crédits : Kippit

P.S. :
Kippit a été lancée sur fonds propres par les cofondateurs de la société, avec une aide la Région Occitanie. Une campagne de financement participatif est en cours, et sera complétée d’une levée de fonds. Des discussions sont également en cours avec une société de venture capital.