ToulÉco

Publié le dimanche 3 juillet 2016 à 22h12min par Martin Venzal

Carole Delga : « Il faut aider les entreprises à se défendre »

Partenaire des dernières rencontres cybersécurité du Grand Sud, la région Occitanie a mis en place des outils et des programmes afin d’accompagner les entreprises dans la sécurité de leurs données. Explications avec la présidente du conseil régional Carole Delga.

Comment le Conseil régional peut aider les entreprises qui sont en recherche d’accompagnement dans le domaine de la cybersécurité ?
La Région a approuvé en 2015 un Schéma d’intelligence économique, qu’elle a signé avec l’État. Il permet ainsi aux entreprises d’accéder à des aides de la Région, pour se protéger : aides au conseil ou soutien à l’achat de matériel, par exemple, selon les critères de notre dispositif des contrats d’appui. Car la mondialisation des échanges, le développement exponentiel des nouvelles technologies de l’information et de la communication, l’accélération générale des cycles de vie des produits et des services conduisent aujourd’hui les entreprises à devoir s’adapter et mettre en œuvre une stratégie d’intelligence économique pour développer leur compétitivité tout en défendant leur savoir-faire. De plus, la multiplication des atteintes au tissu économique observée ces dernières années, constitue une source de fragilisation susceptible de compromettre les stratégies industrielles de nos entreprises.

Le Conseil régional a mis en place des appuis financiers. La sécurité
est-elle éligible à ces aides ?

Bien-sûr. Nous soutenons par exemple le programme « Albatros », dédié à la lutte contre la cyber-criminalité. Il réunit une quinzaine d’acteurs dans le domaine de l’aéronautique : Airbus, la SSII Steria et l’Université Toulouse 1-Capitole, notamment. Au titre de ce programme, nous accompagnons le projet « Box@PME », dédié aux PME. Il est développé au sein de la plateforme « Contrôle et surveillance des systèmes d’information » de CEA Tech, installée actuellement dans les locaux de l’INSA, à Toulouse. Notre agence économique, Madeeli, s’est également emparé du sujet et a constitué un groupe de travail intitulé Prism (Professionnels de l’Informatique et de la Sureté en Midi), aux côtés de Digital Place, du pôle de compétitivité Aerospace Valley et de quelques entreprises expertes. Il a pour objectif d’engager des actions dans le domaine de la cybersécurité.

Nous aidons aussi directement les entreprises du secteur dans leur développement : la Région a par exemple soutenu Pradeo Security, éditeur de solutions de sécurité informatique, référencé dans 21 pays et implanté dans l’Hérault, pour plusieurs aides à l’innovation. La start-up audoise Self Secure a également été appuyée. Elle conçoit et commercialise des solutions informatiques innovantes de gestion de la confidentialité à destination des professionnels et des particuliers. A travers toutes ces aides, la Région supporte ainsi directement les entreprises qui développent des solutions mais aussi la recherche dans le domaine de la cyber-sécurité.

En matière de formation, la région met-elle des outils en place pour accompagner les besoins de ce secteur ?
A travers ses programmes régionaux de formation professionnelle, la Région finance des places de formation en masters. Trois sont dispensés à l’Université Toulouse III - Paul Sabatier (Réseaux et télécommunications, Sûreté et défense et Méthodes informatiques appliquées à la gestion d’entreprise - Ingénierie des données et protection). L’université de Montpellier est plutôt spécialisée dans les Masters 2 Informatique : Architecture et Ingénierie du Logiciel et du Web, Informatique pour les Sciences, Images, Games and Intelligent Agents, Données, Connaissances et Langage Naturel, Informatique Théorique. Concernant les formations dans le domaine de l’informatique, il existe des modules dédiés à la sécurité : « Concepteur(trice)-développeur(euse) informatique » à l’AFPA de Montpellier ou « Parcours professionnalisant administrateur des systèmes et réseaux d’information », à la CCI
de Nîmes et « Certificat de spécialisa-tion technicien conseil en systèmes informatisés » à l’EPAG Institut Saint Joseph de Limoux.

Au-delà, la Région a créé en fin d’année dernière une Ecole régionale du numérique qui regroupe un réseau de formation aux métiers du numérique. Je souhaite que l’on renforce notre offre de formation pour ces métiers d’avenir : d’ici à 2020, 90% des métiers nécessiteront des connaissances numériques. Nous voyons bien là qu’il y a un réel besoin de formation, en particulier des jeunes, et d’importants débouchés dans les entreprises qui vont devoir monter en compétences, notamment sur les questions de sécurité informatique. Les formations proposées à travers l’Ecole régionale du numérique concernent, pour l’instant, essentiellement les métiers de « Développeur/ se Web » et « Administrateur/trice Réseau ». Mais tout l’intérêt de ce dispositif est sa souplesse, qui permet de s’adapter aux besoins des entreprises d’un secteur en perpétuelle évolution et à la mixité des publics ayant des besoins de formation très différents.