ToulÉco

Publié le jeudi 6 décembre 2018 à 22h49min par Philippe Font

Ce week-end, les gilets jaunes ne seront pas seuls à manifester dans les rues de Toulouse

Difficile de mesure l’ampleur de la mobilisation sociale qui aura lieu ce week-end. Aux gilets jaunes vont se mêler d’autres contestations professionnelles, écologiques ou syndicales. Alors que le week-end devait être synonyme de courses de Noël, les pouvoirs publics s’inquiètent.

La journée du samedi 8 décembre va être encore compliquée pour les Toulousains. Alors que la semaine a été marquée par de violentes manifestations de lycéens dans la Ville rose, ces derniers ont été rejoints jeudi par les étudiants, les gilets jaunes et les motards toulousains prennent le relais. Samedi, ils vont mener différentes actions à partir de 7h du matin au départ du centre-commercial Carrefour à Portet-sur-Garonne : opérations escargots et péages gratuits devraient être au programme, même si les modalités n’ont pas été arrêtées définitivement. Car malgré les annonces du gouvernement sur le retrait de la surtaxe sur les carburants, la grogne couve toujours.

Mais ce week-end, la manifestation des gilets jaunes n’est pas la seule. Samedi après-midi est également prévue le rassemblement pour la défense de la planète, auquel certains gilets jaunes veulent se joindre. D’ailleurs le Préfet Etienne Guyot a expliqué, jeudi 6 décembre après-midi, être en contact avec les organisateurs pour évoquer un report de la manifestation. Le syndicat Sud Cheminots a appellé à défiler au côté des gilets jaunes, tandis que le personnel hospitalier a décidé de se joindre à la contestation. Ils réclament davantage de moyens pour le CHU de Toulouse.

Du côté de la CGT, pas d’appel officiel à descendre dans la rue, « mais il y a beaucoup de syndiqués qui sont gilets jaunes, les revendications sont identiques », explique-t-on à l’union départementale de Haute-Garonne. « Il faut profiter du climat actuel pour obtenir des hausses de salaire et davantage de pouvour d’achat ».

Cette situation explosive inquiète les autorités : jeudi en milieu de journée, Jean-Luc Moudenc le maire de Toulouse, a dit son inquiétude devant la tournure des événements, une semaine après que le centre-ville a connu des scènes de guerrilla urbaine. S’il relève que « personne n’a pris la mesure de l’ampleur de la contestation » et a appelé au calme, il a demandé au préfet de région des renforts de CRS et de gendarmes pour la journée de samedi. « [il] doit disposer de davantage de moyens, il faut que les commerces soient ouverts, et je souhaite qu’un maximum de familles puissent venir faire leurs courses de Noël », a encore indiqué le maire, redoutant les conséquences sur l’activité économique et sur « l’attractivité de Toulouse ».
Philippe Font

Sur la photo : Les gilets jaunes mènent des actions depuis trois semaines, ils onté depuis été rejoints par les étudiants. Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco

P.S. :
Depuis lundi, date du début de la mobilisation des lycéens en Haute-Garonne, vingt policiers et pompiers et quatre manifestants ont été blessés. Les forces de l’ordre ont procédé à cinquante-quatre interpellations dont quarante-neuf lycéens. Jeudi après-midi, vingt-trois lycées étaient impactés par le mouvement, 2000 élèves ont défilé dans les rues de Toulouse.
Selon Tisséo, le montant des dégâts matériels relevés sur le réseau de transports est évalué à 300.000 euros. Depuis samedi 1er décembre, dernière grosse journée de mobilisation des gilets jaunes, quatre-vingt policiers et pompiers et quinze manifestants ont été blessés.

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