ToulÉco

Publié le dimanche 9 octobre 2016 à 18h20min par Martin Venzal

« Cette année, les innovations ont dépassé la fiction »

Etienne Gernelle, directeur de la rédaction du magazine Le Point, sera à Toulouse pour Futurapolis les 4 et 5 novembre. Il explique la philosophie cette manifestation.

Pourquoi choisir Toulouse pour organiser Futurapolis ?
Je me suis occupé de l’actualité aéronautique pour Le Point pendant plusieurs années. J’étais donc à Toulouse de façon régulière. Et tout est parti d’un vol d’essai de l’A380 auquel j’ai eu la chance de participer. J’étais assis à côté du directeur commercial d’Airbus John Leahy, et nous étions tellement occupés à discuter que je ne me suis même pas aperçu du décollage. C’était fabuleux. Toulouse, c’est à la fois Mermoz et Airbus. Et c’est donc légitime de choisir cette ville pour accueillir Futurapolis.

Quels sont vos thèmes de prédilection pour cette édition ?
Cette année, enfin, toutes les innovations dont on parle depuis des dizaines d’années ne sont plus de la science fiction. Peter Thiel, le fondateur de PayPal, avait cette phrase terrible : « on attendait les voitures volantes, et on a eu les 140 signes de Twitter ». Mais cette année au contraire, on a vu les voitures autonomes fleurir, on voit les débuts de l’utilisation générale des drones… Tout ce qui appartenait à la science fiction se réalise maintenant. Nous sommes en train de franchir une étape matérielle dans l’innovation. L’objectif de Futurapolis, c’est donc d’en montrer beaucoup.

Par exemple ?
La démonstration à Singapour du premier taxi autonome nous prouve que l’innovation prend pied dans le réel. Notre correspondante du Point en Pologne est aussi pilote de drone. Et elle sera à Toulouse pour Futurapolis !

L’année 2017 sera forte politiquement. Les candidats seront-ils présents à Futurapolis ?
Oui, bien sûr ! Je pense que l’innovation est de plus en plus prégnante dans les discours politiques car cela n’est plus un sujet d’image mais un sujet de croissance économique. L’innovation au cœur de l’économie, c’est le retour de Schumpeter dans le débat public. Avant, nos hommes politiques répétaient ce mot comme un mantra… Mais aujourd’hui, ils commencent à apprendre. Les énormités que l’on pouvait entendre se font plus rares et les choses commencent à s’améliorer.

Quel est votre coup de cœur pour ce Futurapolis 2016 ?
J’ai une fascination totale pour les voitures autonomes. Mais au fond, ce qui m’intéresse, c’est l’appropriation de l’innovation par les gens. C’est une vraie révolution culturelle qui se passe en France aujourd’hui. La recherche s’ouvre sur le monde de l’entreprise et les gens se l’approprient de plus en plus : on l’a bien vu avec les hackathon réalisés les années précédentes. Les utopies et les dystopies sont fondées par la technologie. Tariq Krim, le fondateur de Netvibes explique que le code informatique, c’est le latin du XXIe siècle. Et il plaide pour l’apprentissage du code à l’école. Cela peut être un instrument d’ascension sociale, mais c’est aussi une forme d’émancipation.

Les temps changent…
Et oui… En 1968, les jeunes balançaient des pavés pour crier leur indépendance. Aujourd’hui, ils quittent les entreprises pour créer leurs propres start-ups. Les temps changent en effet !
Propos recueillis par M.V.
Photo Hélène Ressayres - ToulÉco

Retrouvez toutes les informations sur Futurapolis les 4 et 5 novembre sur : http://www.futurapolis.com