ToulÉco

Publié le mardi 7 février 2017 à 22h01min par Audrey Sommazi

Charte des marchés publics à Toulouse : un bilan positif, les professionnels du BTP vigilants

En 2016, sur 1,12 milliard d’euros de commande publique, plus de 42% ont été attribués aux PME régionales. Un résultat que Toulouse Métropole attribue au succès du Small business act. Les professionnels du BTP restent vigilants, concernant l’emploi notamment.

Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole, avait promis un compte rendu public annuel lors de la signature, en décembre 2014, de la charte des marchés publics. Chose promise, chose due. Le lundi 6 février, l’élu présentait un second bilan « positif » de ce Small business act à la toulousaine, créé pour faciliter l’accès des petites et moyennes entreprises locales à la commande publique.

Premier constat : ce dispositif fait tâche d’huile. Puisque après les communes de Saint-Orens-de-Gameville et de Blagnac, c’est autour de Bruguières d’adhérer à cette charte. Fenouillet devraient rejoindre ces villes signataires cette année.

Deuxième constat : « les objectifs fixés ont été tenus », se félicite Jean-Luc Moudenc. En 2016, Toulouse Métropole, la ville de Toulouse, le CHU, et leurs satellites (sem d’aménagement, SMTC Tisséo, Habitat Toulouse et autres délégataires) ont engendré ensemble 1,12 milliard d’euros de commande publique. Sur ce montant, 42,6% PME en ont bénéficié. Parmi elles, des entreprises toulousaines (19%), métropolitaines (27%), d’autres sont situées en Haute-Garonne (32%) et 35 % dans l’ex-région Midi-Pyrénées.

L’une des applications les plus significatives de cette charte est l’attribution des premiers lots dans le cadre de la construction du parc des expositions (Pex) : quinze lots inférieurs à 2,5 millions d’euros, sur cinquante-quatre, doivent permettre aux PME d’accéder à ce marché public.

L’insertion par l’emploi

Un deuxième bilan non contesté par les professionnels du bâtiment qui ont pointé néanmoins des "sujets à faire valoir". Pour sa part, Frédéric Carré, président de la Fédération 31 du BTP, préconise le maintien de la vigilance quant à l’offre dit du mieux-disant. Il s’explique : « des efforts doivent être poursuivis pour favoriser, lors de l’attribution des marchés publics, une offre économiquement avantageuse basée sur un rapport juste entre la qualité et le prix ». Car certaines entreprises candidates affichent des prix très bas afin d’augmenter leurs chances d’obtenir des marchés.

L’emploi est l’autre volet de cette charte, qui encourage les entreprises mandatées sur un chantier public à embaucher des demandeurs d’emploi. En 2016, 300 temps plein ont été ainsi créés. « Nous devons trouver un équilibre entre la vie des entreprises et les emplois en insertion », tempère Frédéric Charmasson, vice-président de la fédération régionale du BTP. « Après des années difficiles, nous revenons à l’emploi. Et notre priorité reste le travail des salariés de nos entreprises. L’insertion ne doit concerner qu’un salarié sur dix ».
Audrey Sommazi

Sur la photo (de gauche à droite) : Pierre Trautmann, adjoint à la ville de la commande publique, Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole, Frédéric Carré, président de la Fédération 31 du BTP et Frédéric Charmasson, vice-président de la fédération régionale du BTP, ont présenté ce lundi 6 février à Toulouse le deuxième bilan du Small business act.
Photo Hélène Ressayres - ToulÉco