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Publié le mercredi 13 septembre 2017 à 20h00min par Johanna Decorse

Cinéma d’animation. Création des Affranchis, le maillon manquant de la filière régionale

A l’occasion du Cartoon Forum 2017, trois têtes d’affiche de la production audiovisuelle régionale, Anoki, Le-Lokal et XBO Films, ont annoncé la création des Affranchis, premier studio d’animation 2D en Occitanie. Gros plan.

Le film d’animation, secteur de niche qui a émergé à Toulouse au début des années 2000 s’impose aujourd’hui comme une filière d’avenir, créatrice d’emplois et de valeur. Et il se dote d’un nouvel acteur. Aux côtés de la locomotive régionale, TAT Productions dont le premier long-métrage des As de la Jungle, sorti le 26 juillet, a dépassé les 600.000 entrées en France ou d’XBO Films, connus pour les séries Kiwi et Zoobox, Les Affranchis veulent rejoindre le haut de l’affiche.

Ce studio d’animation 2D, dont la création a été annoncée lors de la vingt-huitième édition du Cartoon Forum, est le premier du genre en Occitanie. Dédié exclusivement aux techniques d’animation traditionnelle, image par image, utilisées comme dans le film Ernest et Célestine ou dans les anciens Disney, il est le fruit de l’association de trois sociétés de production audiovisuelle régionales : Anoki, Le-Lokal, XBO Films, ainsi que du producteur parisien Melting productions.

« Attirer des talents »

La filière locale conforte ainsi sa place dans l’animation française. Et pour cause, elle pèse désormais une douzaine de studios et de plus en plus de pépites, 300 à 500 emplois, un événement d’envergure européenne et une association régionale des producteurs d’animation, l’Arpanim pour fédérer ces acteurs. Mais il reste tout de même quelques vides à combler.

« Nous avons beaucoup de difficultés pour recruter des animateurs car il n’y a aucune école dédiée à l’animation 2D dans la région. Les étudiants des écoles françaises, très réputées, s’implantent davantage à Angoulême, Valence, dans le Nord ou partent même chez Pixar et Disney », explique Alwa Deluze, co-associée et à la tête de l’agence de communication audiovisuelle Anoki, qui poursuit : « L’idée, à travers les Affranchis, est de mettre en place un outil commun pour la fabrication de nos différents projets, un environnement qui nous donneront la visibilité pour attirer des talents. Depuis longtemps déjà, nous nous entraidons et nous mutualisons nos moyens mais nous voulons aller plus loin en proposant aussi de la formation et des résidences d’auteurs pour créer une véritable dynamique ».

Le dernier maillon

Après le champ de la 3D adopté par TAT Productions, le stopmotion, animation en volume à partir d’objets immobiles et marque de fabrique d’XBO Films, la 2D a désormais sa vitrine. « Les Affranchis, c’est un peu le maillon manquant pour la filière régionale. Un studio de fabrication avec un équipement de pointe mais un risque partagé à hauteur de 25% des parts chacun. Ce qui permet à chaque membre de garder son œil et sa ligne éditoriale ».

Hébergés pour l’heure dans les bureaux de la société Le-Lokal, Les Affranchis ont déjà réalisé le teaser du dessin animé Avni pour les Editions Milan et viennent de présenter Chicken of the Dead, une série de dix épisodes de cinq minutes pour adultes à l’univers décalé. Leurs premiers investissements, de l’ordre de 70.000 euros, devraient recevoir le soutien des collectivités locales, largement engagées dans la filière.
Johanna Decorse

Sur les photos : Alwa Deluze, l’une des associés à l’origine de la création du studio Les Affranchis. Crédit : Anaïs Kugel.
Visuel du projet
Chicken Of the Dead présenté lors du Cartoon Forum 2017. Crédit photo Christophe Blanc - anoki - Melting productions.