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Publié le mardi 8 octobre 2019 à 20h41min par Sophie Arutunian

Cinq scientifiques toulousaines distinguées par la fondation L’Oréal-Unesco

Inconnues du grand public, leurs recherches sont aussi pointues que passionnantes. Scarlett Howard, Chuxian Li, Andaine Seguin-Orlando, Solène Derville et Émilie Berlioz ont reçu le prix Jeunes Talents L’Oréal-Unesco pour les femmes et la science. Présentations.

Chuxian Li, doctorante au laboratoire écologie fonctionnelle et environnement & géosciences environnement à Toulouse (CNRS /UT3 /IRD)
Cette chercheuse au parcours atypique est originaire de Zhanjiang, une ville chinoise de la province du Guandong. Après avoir obtenu un master de chimie dans son pays, elle démarre un doctorat en France, au sein de l’université de Toulouse. Les circonstances l’amènent à devenir colocataire de la chercheuse Catherine Jeandel, océanographe, géochimiste et directrice de recherche au CNRS, qui deviendra un véritable mentor pour elle. Chuxian Li souhaite attirer l’attention du grand public sur le péril environnemental que constitue la pollution au mercure et espère, après son doctorat, devenir professeure.

Scarlett Howard, post-doctorante au Centre de recherches sur la cognition animale (CNRS /UT3)
Née en Australie, où elle a étudié la zoologie et obtenu son doctorat à l’Institut royal de technologie de Melbourne, Scarlett Howard est aujourd’hui post-doctorante au Centre de recherches sur la cognition animale, Centre de biologie intégrative (CBI) de l’Université de Toulouse, où elle cherche à comprendre l’intelligence des abeilles grâce à la réalité virtuelle. Des connaissances qui impactent de nombreux domaines comme la psychologie, l’informatique, la robotique et l’intelligence artificielle.
 
Solène Derville, post-doctorante à l’Institut de recherche pour le développement Nouvelle-Calédonie
C’est la Toulousaine de la promo. Née dans la Ville rose et actuellement post-doctorante à l’Institut de recherche pour le développement de Nouvelle-Calédonie, elle étudie un nouvel habitat pour un cétacé en danger, la baleine à bosse. Cet animal en danger d’extinction se reproduirait dans un habitat jusqu’alors insoupçonné : les monts sous-marins.

Andaine Seguin-Orlando, post-doctorante au laboratoire d’anthropobiologie et imagerie de synthèse à l’UT3 Paul Sabatier / CNRS
Andaine Seguin-Orlando cherche à décrypter les inégalités de genre dans la préhistoire. Pour elle en effet, les inégalités hommes-femmes ne datent pas d’hier et elle s’intéresse aux inégalités de genre qui auraient pris racine dès la sédentarisation de l’espèce humaine, il y a environ 10.000 ans. Une idée déjà défendue par la célèbre ethnologue et figure de la Résistance, Germaine Tillion, dans les années 1960. Tâche ardue que de marcher dans les pas d’une des cinq femmes enterrées au Panthéon, mais la biologiste dispose d’outils que son illustre prédécesseure n’avait pas : ceux de l’analyse génétique. 
 
Emilie Berlioz, travaux de recherches archéologiques sur les Cultures, les espaces et les sociétés (CNRS /UT 2 Jean-Jaurès
Passionnée de paléontologie, Emilie Berlioz a dédié sa thèse à la compréhension des comportements alimentaires des cervidés actuels et fossiles. Son objectif est d’essayer d’éclairer d’un nouveau jour des espèces au passé lointain, à partir de fossiles. En post-doctorat, l’un des aspects de sa recherche se porte sur une espèce présente en Nouvelle Calédonie , le cerf rusa, considéré comme calamité naturelle par les institutions locales.
Sophie Arutunian

Sur la photo : Chuxian Li, Scarlett Howard, Solène Derville, Andaine Seguin-Orlando et Emilie Berlioz (crédits photos Fondation L’Oréal / Julien Knaub sauf pour Solène Derville : Nicolas Job)

P.S. :

Récompensées pour leur parcours émérite et leurs travaux brillants, ces cinq femmes ont reçu le prix Jeunes Talents L’Oréal-Unesco pour les Femmes et la Science, une bourse de recherche d’un montant de 15.000 euros pour les doctorantes ou 20.000 euros pour les post-doctorantes. Elles bénéficieront d’un programme de formation au leadership, complémentaire à leur parcours scientifique, afin d’avoir les moyens de briser plus facilement le plafond de verre.
Si les femmes représentent aujourd’hui 28 % des chercheurs, le plafond de verre reste particulièrement persistant dans le domaine de la recherche : près de 90 % des postes à responsabilités dans le secteur de la recherche sont occupés par des hommes. A l’université fédérale de Toulouse, selon son président Philippe Raimbault, les femmes représentent 42 % des chercheurs.
 

1 Commentaire

  • Le 9 octobre à 10:22 , par joseph

    On peut tout de meme se poser l’interet de ces recherches.
    Le probleme fondamentale de la recherche tout azimut est qu’il n’y a pas d’objectif et sans objectif nous n’arriverons pas à resoudre les veritables problemes : pollution , surpopulation , rechauffement climatique , guerres , betise humaine .
    Alors l’habitat de la baleine à bosse ou la maniere dont se nourissait un mamifere de 20 millions d’age est peut etre satisfaisant pour le bien etre du chercheur mais pas pour l’evolution positive de notre civilisation .
    Il est peut etre temps de diriger la recherche et ses budgets sur des sujets plus utiles .
    Les decouvertes ne naissent pas grace au hasard et des erreurs : 100% des gagnants au loto on prix un billet .
    Il faudrait arreter de dire que le nombre de chercheurs sur tel sujet ne fera pas trouver plus vite sur ce sujet . Ou alors accepter que rien ne sert à rien .

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