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Publié le mardi 28 novembre 2017 à 16h23min par Philippe Font

A la clinique La Croix du Sud, des « cocoon’s care » pour réduire le temps d’hospitalisation

À son ouverture en novembre 2019, la clinique La Croix du Sud du groupe Capio va inaugurer des « cocoon’s care » qui remplaceront box et chambres d’hospitalisation. Un nouveau concept qui doit permettre aux patients de se remettre sur pied plus rapidement.

À Quint-Fonsegrives, le groupe Capio (à Toulouse le groupe suédois possède les cliniques des Cèdres, Beaupuy, le Parc et Saint-Jean-du-Languedoc pour un chiffre d’affaires de 158,5 millions d’euros) construit avec son établissement la Croix du Sud sa clinique du futur. Sur 33.500 m², le nouvel établissement de santé regroupera lors de son ouverture en novembre 2018 les cliniques Saint-Jean du Languedoc et la polyclinique du Parc, et accueillera près de 400 lits. La vraie nouveauté dans la conception de l’établissement de santé est la prise en compte de l’ambulatoire, 70% de l’activité de la clinique La Croix du Sud sera consacrée à cette prise en charge médicale, baptisée aussi « fast track » (récupération rapide après intervention).

Il permet à un patient entré le matin pour une opération de ressortir quelques heures plus tard et de regagner son domicile. Trois profils du patients en ambulatoire seront accueillis : le patient autonome, il arrive et repart à pied ; le malade qui arrive à pied et qui repart sur ses deux jambes après un passage de une à deux heures par un salon pour se rétablir ; et enfin, le patient qui nécessite une prise en charge plus longue.

Ce dernier sera alors installé dans un « cocoon’s care » : sur les cent places réservées à l’ambulatoire, une cinquantaine sera consacrée à ce dispositif. Des modules de 7 m² desservis par tous les flux nécessaires (oxygène, électricité, wifi), mais qui restent ouverts et qui accueillent durant quelques heures le patient à la sortie du bloc. A l’intérieur, le malade est installée sur un lit-brancard qui passe de position couchée à assise au fur et à mesure de la récupération du patient.

4000 à 5000 euros par « cocoon’s care »

« Le concept est inspiré des salons VIP des aéroports. Même si les cloisons ne montent pas jusqu’au plafond, l’intimité du patient est préservée. Il s’agit de dédramatiser le séjour et l’hospitalisation du patient, cela accélère sa guérison », confie Claude Porcher, chef du projet La Croix du Sud pour le groupe Capio. C’est la première fois en France qu’un établissement de soins installe à grande échelle ces « cocoon’s care ». Chaque exemplaire coûte 4000 à 5000 euros, et est conçu par le cabinet d’architectes AIA. Personnels soignants et médecins pourront « tester » ces installations afin de faire évoluer le concept.

Si le changement de pratiques n’évolue pas forcément, les deux cliniques affichent déjà 70% de visites en ambulatoire. C’est ce nouvel environnement matérialisé par le « fast track » et le « cocoon’s care » qui interroge les syndicats des cliniques Saint-Jean-du-Languedoc et du Parc. « Ces concepts peuvent convenir pour un jeune patient de vingt ans qui au bout de quelques heures peut repartir sur ses jambes… Mais pour les personnes plus âgées c’est plus compliqué. Chaque personne est différente et a besoin aussi d’isolement », constate Cédric Colney, délégué syndical CGT à Saint-Jean-du-Languedoc qui regrette que ce dispositif aboutisse également à des réductions d’effectifs. « Depuis le lancement du projet en 2010, on a perdu rien que sur Saint-Jean-du-Languedoc soixante-dix postes en équivalent temps plein ».
Bénéficiant d’un investissement total de 100 millions d’euros, la clinique La Croix du Sud devrait ouvrir ses portes en novembre 2018.
Philippe Font

Sur les photos :
En haut : La nouvelle clinique La Croix du Sud ouvrira ses portes en novembre 2019. Crédits : DR. En bas : Vue d’un « cocoon’s care ». Crédits : DR

P.S. :

Depuis quelques jours un exemplaire du « cocoon’s care » est installé sur le chantier de la clinique La Croix du Sud : dans les semaines à venir, l’ensemble du personnel soignant et des médecins pourront venir le tester. Ils pourront également visiter la clinique en réalité virtuelle grâce à quatre postes installés sur les deux cliniques Saint-Jean du Languedoc et celle du Parc.