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Publié le lundi 19 juin 2017 à 18h48min par Armelle Parion

Toulouse. Covirtua créé un logiciel interactif pour le traitement des troubles cognitifs

La start-up toulousaine fondée en 2016 commercialise son logiciel de réalité virtuelle, censé aider les personnes atteintes de troubles cognitifs à se réadapter à leur vie quotidienne, via des exercices pratiques avec le thérapeute.

Près de 10,8 millions de personnes sont atteintes de troubles cognitifs en France, victimes d’accident vasculaire cérébral, de traumatisme crânien, de maladies neurodégénératives, comme Alzheimer ou Parkinson, ou des enfants ayant des troubles d’apprentissage… Partant de ce constat, Christelle Monnier et Roland Tomczak ont fondé leur start-up à Colomiers en mars 2016. Leur objectif est de commercialiser un logiciel thérapeutique innovant, Covirtua Cognition, destiné aux orthophonistes, ergothérapeutes et neuropsychologues. Ils ont intégré en septembre 2016 un programme de pré-incubation, le Starter de la Cantine, et participé au début de l’année au CES de Las Vegas.

Situations de la vie courante

Évolutif, leur outil vise à aider à la réadaptation dans la vie quotidienne, en proposant des exercices pratiques à faire dans le cabinet du thérapeute, comme conduire un véhicule, faire ses courses dans un magasin muni d’une liste, ou se repérer dans une ville avec un itinéraire GPS. Le thérapeute configure le niveau de difficulté de l’environnement proposé (obstacles, feux rouges, densité du trafic, etc.). Rien que pour l’exercice "liste de courses", trente scénarios sont possibles. Les deux fondateurs se sont associés à trois orthophonistes, qui ont testé le logiciel avec leurs patients.

Selon les professionnels, les logiciels existants ne proposaient pas de vraie interaction entre patient et praticien, et étaient « souvent éloignés des situations de la vie courante ». Covirtua Cognition ressemble à un serious game. « Le but de l’exercice conduite en ville est que le patient puisse appréhender la vraie conduite en ville. Nous savons que les personnes victimes d’AVC ou de traumatisme crânien ont des difficultés à se concentrer », explique Christelle Monnier, la présidente de la start-up.

Levée de fonds de 500.000 euros

Présenté à des centres et des cliniques du grand ouest, à Lyon et en région parisienne depuis février 2017, le produit sera bientôt vendu. La start-up prévoit un chiffre d’affaires de 300.000 euros en 2017, notamment grâce à une levée de fonds de 500.000 euros. Ce résultat suppose d’atteindre cent postes installés à la fin de l’année. L’entreprise vise la rentabilité en 2018, avec 900.000 euros de chiffre d’affaires, afin d’embaucher des développeurs et des commerciaux.

Covirtua prévoit d’enrichir le logiciel et de développer d’autres applications. « Des industriels du secteur automobile sont intéressés, ainsi que l’armée, pour l’aspect collaboratif. Il s’agirait de pouvoir entraîner quelqu’un dans un univers virtuel, grâce à possibilité de modifier le scénario en temps réel », précise Christelle Monnier. Des thérapeutes américains et canadiens les ont également contactés. L’Amérique du Nord pourrait devenir le premier marché de Covirtua à l’international.
Armelle Parion

Sur la photo : Christelle Monnier, Roland Tomczak (deuxième et troisième sur la photo), en compagnie de Nadia Pellefigue, vice-présidente de la Région Occitanie, au Consumer Electronics Show de Las Vegas. Crédits DR.