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Publié le jeudi 21 mars 2019 à 22h04min par Béatrice Girard

Critiqué par la Cour des comptes, le thermalisme en Occitanie doit se réinventer

Présentée comme la première destination thermale de France, l’Occitanie devrait pourtant restructurer son offre, conseille la Cour des comptes dans son rapport annuel. Consciente du problème, la Region annonce un plan d’actions.

Avec 190.000 curistes accueillis en 2017 et 14.000 emplois, dont 2600 emplois directs, le thermalisme est un secteur qui pèse dans l’économie occitane. La région est d’ailleurs la première destination thermale de France. Des performances flatteuses mais qui n’ont pas empêché la Cour des comptes d’épingler le secteur dans son rapport annuel. Principal grief ? Des investissements lourds, mais une rentabilité décevante. « Près de 90 millions d’euros ont été investis sur la période 2011-2016 dans les stations thermales de la région, dont 35 millions d’euros financés par les communes, mais les retombées économiques sont mal cernées. L’offre est dispersée au sein de petites structures, situées majoritairement en zone de montagne, et qui concourt à la précarité du modèle économique », pointe la Cour des comptes.

Pour le gendarme financier, le secteur doit évoluer et l’offre est à restructurer par le biais, pourquoi pas, d’un fonds public local de soutien. Sollicitée sur la question, la Région affirme s’être déjà saisie du problème. « Nous n’avons pas attendu ce rapport pour agir », rétorque Jean-Louis Guilhaumon, vice-président de la région Occitanie et en charge du tourisme et du thermalisme. « Nous avons chargé le cabinet Ernst & Young de réaliser un état des lieux dès février 2018. L’étude confirme en effet une grande diversité des stations thermales en Occitanie. Certaines, à ambition nationale comme Balaruc-les-bains, tirent leur épingle du jeu avec un modèle économique avéré ; quand d’autres, beaucoup plus petites, ont besoin d’une nouvelle stratégie de développement. »

Conseil au développement et gouvernance public-privée

Pour accompagner les vingt neuf stations régionales, la collectivité veut leur proposer une ingénierie de conseil au développement par le biais d’un « pass thermalisme ». « Nous financerons des actions de conseils stratégiques pour les accompagner en matière d’investissements publics et privés », décrit Jean-Louis Guilhaumon.

Autre piste, la mobilisation du fonds tourisme (100 millions d’euros, dont 35 millions d’euros portés par la Région, auxquels s’ajoutent des fonds européens) auquel participera un gestionnaire privé, bientôt désigné par la collectivité « Nous souhaitons mobiliser des fonds privés qui pourront être portés par un opérateur ou un pool bancaire… Cela reste à définir, dans le but d’instaurer une nouvelle forme de gouvernance public-privée » détaille l’élu.
Avec ces outils la Région espère injecter 200 à 300 millions d’euros d’investissements dans les stations de son territoire dans les prochaines années.
Béatrice Girard

Sur la photo : Malgré 90 millions d’euros investis entre 2011 et 2016 dans les stations thermales régionales, les retombées économiques sont insuffisantes estime la Cour des comptes. Crédits : Lydie Lecarpentier - Région Occitanie.