YOUYOU

ToulÉco

Publié le dimanche 11 février 2018 à 21h11min par Martin Venzal

Cybersécurité. Comment Occismore veut profiter de l’expérience de ses utilisateurs

Transports, santé, banques… Les membres fondateurs du pôle toulousain de cybersécurité Occsimore veulent s’appuyer sur l’expérience de leurs utilisateurs pour sécuriser leurs données. Une démarche importante dans des environnements où les cyberattaques sont nombreuses.

Résoudre les problèmes de sécurité en passant par les usages et les utilisateurs. Tel est le credo d’Occsimore, nouveau pôle dédié à la sécurité digitale, et inauguré jeudi 9 février à Balma près de Toulouse. Cette association a été fondée il y a un an par les Laboratoires Pierre Fabre, Informatique Banque Populaire (i-BP), Météo France et Informatique et Technologies Caisse d’Epargne (IT-CE). Elle livre son premier bilan.

« Il s’agit pour nous d’un espace de compétences pour créer du lien et pour déployer des innovations en profitant de l’expérience utilisateurs des membres fondateurs », explique Hervé Kowalczyk, directeur des systèmes d’informations de Tisseo Voyageurs. Pour autant, Occsimore n’est pas un nouveau cluster ou un énième think tank. « Nous sommes là pour partager certes, mais ce que nous voulons surtout, c’est être un do thank », complète Christophe Guillot, digital solutions partners chez Pierre Fabre et vice-président d’Occsimore. « Et nous le faisons en nous basant sur l’expérience de nos secteurs : la santé, la banque, l’assurance, le transport, etc. »

Occismore est donc un pôle qui travaille à améliorer la cybersécurité de ses membres en profitant de l’expérience de ses utilisateurs finaux. L’occasion de créer de nouveaux standards tout en réalisant des économies d’échelle. Les enjeux à court terme sont réels. « Construire une marque, c’est vingt à trente ans, mais on peut la massacrer en quelques clics », poursuit Christophe Guillot. « De plus, demain, on ne vendra pas un médicament si il n’est pas accompagné de services, mais nous n’y arriverons pas tout seul. D’où la volonté de travailler avec d’autres secteurs. » Une philosophie partagée par Médéric Collas, chargé de mission chez i-BP. « La banque est en profonde transformation. Elle doit refondre sa relation client pour rester compétitive vis à vis d’eux, et leur proposer des solutions optimales. Cela nécessite une autre approche du métier », analyse-t-il.

600 attaques par jour

En matière de sécurité digitale, la France a choisi de travailler en identifiant les entreprises publiques et privées dont l’activité et les intérêts peuvent être menacés par des cyber actes de malveillance. On les appelle des OIV, pour Opérateur d’importance vitale. Leur liste est officiellement confidentielle, mais, évidemment, les membres fondateurs d’Occsimore sont à classer dans cette catégorie. Météo France n’échappe pas à la règle. « Aujourd’hui, nous subissons près de 600 cyberattaques de toutes sortes par jour », explique Daniel Dure, directeur des systèmes d’informations chez Météo France. « En trois ans, une seule a réussi à passer. C’est bien, mais ce n’est pas suffisant… Nous devons donc anticiper ces attaques pour mieux les contrer. »

Occsimore, qui dispose d’une salle pour accueillir des codeurs et autres sociétés, servira donc de laboratoire pratique. Ses objectifs : Trouver des protocoles de sécurité innovants, anticiper les prochaines attaques, travailler sur les nouvelles technologies. Quatre thématiques de projets ont été identifiées pour 2018 : l’analyse comportementale (la fraude à la carte bancaire peut être décelée par une rupture d’habitude chez un usager par exemple) ; l’étude du Cloud ; la sensibilité à la cybersécurité (le club organise des coding challenges pour mettre en situation des utilisateurs) ; le machine learning et Intelligence Artificielle. Occismore projette de faire le point dans un an. D’ici là, de nouveaux membres devraient rejoindre la structure. Les sociétés régionales Lyra Networks et IMS Networks l’ont déjà fait cette année.
M.V.

Sur la photo : Antoine Derain, directeur des systèmes d’information chez i-BP et président d’Occsimore. Photo Hélène Ressayres - ToulÉco.