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Publié le jeudi 12 octobre 2017 à 19h08min par Audrey Sommazi

Les raisins de la passion au domaine de Petit Roubié

Export, vente aux négociants français et grande distribution : le domaine de Petit Roubié, situé à Pinet, dans l’Hérault, multiplie les canaux de vente pour s’imposer.

De son passé d’arboriculteur en chimie, Olivier Azan ne regrette rien. « Nous traitions des arbres avec des produits terribles », raconte ce vigneron de 60 ans, qui se souvient de ses maux de tête occasionnés par son métier. Alors, il décide de prendre un virage à 360 degrés. Nous sommes en 1980. Il achète dix hectares de vignes qu’il convertit en culture biologique en 1985. Sans subvention à l’installation, il décide de « valoriser la vigne ».

Pas question de laisser le sol se détériorer. Aux engrais chimiques (ou intrants), il préfère des produits naturels et organiques. Pour lutter contre l’érosion du sol et favoriser la biodiversité, il laboure la terre et favorise l’enherbement. La fertilisation est à base de compost, d’algues marines, de poudres de roche et d’engrais organiques exclusivement. Le mildiou (oxychlorure de cuivre, carbonate de cuivre…) et l’oïdium (fleur de soufre et soufre mouillable) assurent la protection phytosanitaire tandis que des chauves-souris sont déployées la nuit pour manger les insectes ravageurs.

« Au début, je ne disposais d’aucune information. Je me contrôlais moi-même. Puis j’ai voulu exporter ma production. Je devais faire valider la démarche par Ecocert », ajoute le vigneron. Il reconnait que des intrants comme la levure, même sélectionnés et validés par ce même organisme de contrôle et de certification, sont ajoutés lors de la fermentation, et que du soufre et du sulfite accompagnent la vinification.

Equilibre entre les marchés

Avec une production annuelle de 4000 à 5000 hectolitres de vin par an, le domaine de Petit Roubié qui s’étend désormais sur 75 hectares, peaufine sa stratégie de vente. L’export est un levier de croissance (Etats-Unis, Canada, Chine, Japon, Europe du nord, Brésil) qui écoule 60 % du volume de vin annuel, et correspond à 50 % du chiffre d’affaires (entre 2,2 et 2,7 millions, en 2016, ndrl).

« L’équilibre entre le marché français et étranger est correct, assure Olivier Azan, car il permet de compenser le ralentissement de ce dernier ». A l’intérieur duquel le vigneron distingue deux secteurs : celui des grossistes et des négociants en vin bio pour alimenter les restaurateurs et les cavistes, et la vente directe auprès de la grande distribution.

« Pour la première fois, j’ai écoulé un vin, soit 110.000 bouteilles, à Carrefour. Je gère avec l’enseigne le volume annuel pour mieux le contrôler », assure-t-il. Un nouvel axe de développement qui a permis de réaliser 20 % de mon CA. La deuxième cuvée est en préparation pour la grande distribution.
Audrey Sommazi

Sur la photo de Une, le domaine de Petit Roubié qui s’étend sur 75 hectares.

En bas, le vigneron Olivier Azan.
Crédit photo Petit Roubié, DR