ToulÉco

Publié le jeudi 24 janvier 2019 à 18h18min par Audrey Sommazi

A Toulouse, les hôteliers ne se couchent pas face à la concurrence

Dossier. Les grandes manœuvres de l’hôtellerie à Toulouse - 5/5

Ils sont les grands gagnants. A Toulouse, les touristes disposent d’un vaste choix de location saisonnière. Face à cette concurrence inédite les professionnels de l’hôtellerie ont obtenu un premier round appliqué dès le 1er janvier.

Bienvenue pourrait-on lire sur le paillasson de la Maison Henri. Ici on y entre comme on entre chez
soi. Enfin presque. Cet établissement de quatorze appartements meublés se veut être « un concept
hybride et novateur ». A la croisée des appart ‘hôtels et de la maison d’hôtes, cette maison y associe
un grand nombre de services (accueil, baby-sitting, ménage, réception des courses) pour fidéliser la
clientèle. Sans gonfler la facture. La Maison Henri propose des offres attractives, à partir de 60 euros pour deux. » Telle est la stratégie de cette alternative aux hôtels, pensée par Olivier de Laforcade, propriétaire et gestionnaire de la Maison Henri.

Cet ancien cadre chez Airbus a investi deux millions d’euros dans ce projet de 400 m² habitable ouvert en juin. « Je visais la clientèle des pilotes en formation car ils sont 4000 par an en apprentissage à Toulouse. Or, j’ai capté les consultants en semaine, les familles les week-ends », assure-t-il, ravi que ce modèle fonctionne. D’ailleurs pour remplir les réservations, il hésite pas à multiplier les offres de location sur différentes plateformes de location, comme Booking et Airbnb. En 2017, 132.000 voyageurs ont fait le choix de réserver leur logement sur les différentes plateformes. Et ces dernières ont recensé 5500 annonces à Toulouse, soit une hausse de 35% par rapport à 2016.

Un chiffre que nuance néanmoins, Sylvie Rouillon-Valdiguié, l’élue en charge de la coordination de la politique touristique à Toulouse Métropole. « Nous avons mesuré avec l’aide du cabinet spécialisé MKG Consulting que 800 meublés sont en réalité très régulièrement proposés dans ce cadre en location à Toulouse. »

Mesure mise en place

Ces plateformes restent dans le collimateur des syndicats professionnels qui crient à la concurrence
déloyale. « On ne blâme pas celui qui met son appartement en location », explique Fabien Jeanjean, du GNI Occitanie, qui regroupe une centaine d’adhérents indépendants. « Il ne faut pas se
tromper : les premiers coupables sont les géants d’internet qui enregistrent des chiffres d’affaires
importants, et qui payent peu d’impôts en France ». Frédéric Michel, le président de la branche hôtellerie de l’Umih 31 (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie) regrette que les logements des particuliers loués échappent aux mises aux normes en termes sécurité et d’accessibilité. « Je pense aussi à la TVA, mais, la liste est longue comme le bras », ajoute-t-il. Le rôle d’une organisation professionnelle, selon lui, est de « tirer la sonnette d’alarme et d’éveiller les consciences », notamment auprès des élus.

D’ailleurs, les syndicats professionnels ont obtenu une première avancée. Depuis le 1er janvier, la
ville de Toulouse impose aux propriétaires et les occupants de s’enregistrer afin d’obtenir un numéro de référencement qui doit figurer sur les annonces. De plus, la location du logement principal ne peut pas excéder 120 jours (période au-delà de laquelle, le loueur bascule dans la catégorie commerciale des meublés touristiques, NDRL) et la taxe de séjour est prélevée au prorata du chiffre d’affaires selon Frédéric Michel, gérant de l’hôtel Héliot à Toulouse. Satisfait ? « Notre principal souci est de savoir désormais si ces mesures vont être appliquées et contrôlées », conclut-il.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Les hôteliers de la Ville rose doivent faire face à une concurrence importante notamment de la part de particuliers qui louent leurs logements via des plateforme web. Crédits photos : ToulÉco - Hélène Ressayres.