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Publié le mardi 30 janvier 2018 à 22h20min par Philippe Font

« Dans le budget des communes, le sport ne doit pas être une variable ajustable »

Marc Sanchez, président de l’Association nationale des élus du sport, va remettre ce jeudi 1er février à Toulouse le label Ville active et sportive à 120 communes. L’occasion pour lui de dénoncer le manque de moyens qui menace les professionnels du secteur, alors que la France doit accueillir les JO en (...)

Quel est le principe du label Villes active et sportive que vous allez remettre à 120 villes ce jeudi lors d’une cérémonie organisée à Toulouse ?
Pour la seconde année, ces trophées visent à récompenser les villes qui font preuve d’innovation dans la promotion de la pratique sportive. Le jury composé de membres du ministère des sports, de l’association nationale des élus du sport (Andes) et l’Union sport et cycles a voulu distinguer les villes porteuses d’initiatives permettant la pratique du sport pour tous et qui favorisait l’égalité et l’équité. En 2017, lors de la première édition de ces trophées, 175 villes ont été labellisées. Cette année 120 communes recevront leurs palmes pour deux ans. Ce qui se matérialise par un panneau à l’entrée de la ville. On parle d’un domaine dont les dépenses (hors ménages et entreprises, NDLR) étaient en France en 2013 de 18,2 milliards d’euros, dont 13,4 milliards pour les seules collectivités locales et territoriales.

Les communes font face à une baisse des restrictions budgétaires de la part de l’État. Ne craignez-vous pas que le sport soit sacrifié au détriment d’autres domaines ?
Alors que les budgets alloués au sports sont les plus faibles, nous ne voulons pas que le sport soit la variable d’ajustement dans les budgets des villes et des collectivités. Et nous sommes inquiets face à la baisse du budget du CNDS, le Centre national pour le développement du sport, ainsi que face à la suppression des contrats d’accompagnement qui permettaient de faire fonctionner de nombreuses associations. Moins de moyens dans le sport, c’est plus de problèmes dans dizaines d’autres secteurs.

En 2023 et 2024, la France va organiser la Coupe du monde de rugby et les Jeux olympiques. Quelles peuvent-être les conséquences pour les villes du réseau Andes ?
Il est important que l’Etat donne des signes de bonne volonté à l’égard des collectivités. Sinon ce n’est pas la peine de décrocher les Jeux olympiques si derrière on ne soutient pas les collectivités locales. La priorité est d’avoir des moyens pour mettre à niveau les équipements sportifs sur le plan national pour avoir encore plus de résultats. La réflexion est entamée. La date de 2024 avec les JO est importante, mais les trois années qui précèdent le sont autant pour les communes qui peuvent accueillir des équipes venues s’entrainer. Le maillage est important, car un champion peut éclore de n’importe quel endroit du territoire. D’où l’importance de généraliser la pratique sportive partout et de maintenir la pratique sportive dans tous les milieux, y compris dans les zones rurales et de montagne.

Cette situation vous inquiète-t-elle ou vous laisse optimiste ?
Mon sentiment est mitigé. C’est vrai qu’’il y a un décalage entre l’obtention des JO, la Coupe du monde de rugby et de l’autre la baisse des crédits du CNDS, et la suppression des emplois aidés. Le sport doit être davantage pris en compte. Mais d’un autre côté je reste optimiste car je fais confiance à la ministre des sports Laura Flessel. Les collectivités locales doivent avoir leur mot à dire sur le développement du sport. On parle d’un domaine qui compte 16 millions de licenciés et 36 millions de pratiquants.
Propos recueillis par Philippe Font

Sur la photo : Marc Sanchez, président de l’Andes (Association nationale des élus du sport). Crédits : DR