ToulÉco

Publié le mardi 8 août 2017 à 18h00min par Martin Venzal

Déjeuner avec : Romain Geoffroy, avocat des ex-SFR à Toulouse

article diffusé le 13 juin 2017

Qui est Romain Geoffroy, l’avocat montpelliérain spécialisé en droit social et qui vient de gagner à Toulouse le procès des ex-SFR contre Téléperformance ? Pour le savoir, nous l’invitons à déjeuner à Narbonne, à mi-chemin donc entre les deux métropoles.

Partis de Toulouse et Montpellier, nous arrivons en même temps sous le soleil narbonnais, au restaurant des Grands Buffets. Et, pour l’un comme pour l’autre, la découverte du lieu est un choc. Imaginez-vous un instant dans la salle à manger de Pantagruel, où tout est accessible à volonté : jambons, foies gras, crustacés, viandes, et fromages. Pour chaque mets, des dizaines de références et des produits du terroir. Nous démarrons donc l’entretien partagés entre l’envie de faire ripaille, et l’intention de garder un tour de ceinture acceptable à l’approche de l’été.

Ancien sportif de haut niveau en ski nautique et détenteur d’un record national de vitesse, Me Geoffroy veut rester raisonnable. Il s’entraîne toujours. C’est d’ailleurs pour
se rapprocher de sa famille et de la Méditerranée qu’il quitte son travail parisien pour fonder son propre cabinet en 2012 à Montpellier. Sa spécialité : le droit social. Je lui demande s’il a choisi de défendre plutôt les salariés. « Je défends la collectivité de travail, donc l’entreprise », répond-il. « Autrefois, nous avions ce qu’on appelle le conflit des logiques, avec d’un côté le salarié faible et de l’autre, l’employeur fort. Mais depuis, le droit a évolué. Le code du travail peut surprotéger le salarié au détriment de l’employeur. »

Nous poursuivons en nous frayant un chemin vers la cuisine ouverte. Un chef cuistot nous attend pour la commande. Derrière lui, d’immenses broches font tourner des poulets, des cochons et des agneaux de lait. « Il y a encore un clivage en France, mais il faut se battre contre : l’entreprise doit être vue dans sa globalité », explique l’avocat. Je lui rétorque : « Dans le dossier des ex-SFR, vous êtes clairement contre l’employeur… » « Pas du tout : nous protégeons d’abord la société. N’oubliez pas que ce sont les autres entreprises qui devront payer les cotisations sociales et patronales pour compenser les charges non réglées par les boîtes qui délocalisent. »

Ce discours, Romain Geoffroy le distille également au sein du Cercle Mozart. Un club de décideurs apolitiques basé à Montpellier, qui a pour vocation à traiter des sujets économiques et à partager ses expériences avec la société civile. « Le club est fermé mais son action est ouverte », précise celui qui est président de la commission Entreprise, aux côtés des fondateurs Michel Fromont, Bernard Serrou et Jean-Marc Maillot. Le Cercle Mozart veut porter ses messages entre les deux métropoles.
Le thème du moment est la mobilité. « Nous sommes très mal desservis par le réseau secondaire, par les trains et pas du tout par l’aéroport. Toutes les grandes structures et entreprises à cheval entre Toulouse et Montpellier sont pénalisées », poursuit-il.

Nous arrivons au dessert. Romain Geoffroy déclare forfait et préfère digérer avec un café, à l’ombre de la terrasse. Je lui demande s’il constate une défiance entre les deux métropoles. « La création de l’Occitanie a pu laisser croire qu’il allait y avoir une compétition entre les villes. Mais il n’y aucune raison pour qu’il y en ait une. Toulouse a une taille liée à son histoire et son industrie. À nous, Montpelliérains, de mettre en avant nos atouts et de faire du business avec les Toulousains. C’est aux politiques de favoriser cet équilibre des forces. »
Martin Venzal
Photos Rémy Gabalda - ToulÉco

Le lieu : le restaurant Les Grands Buffets, à Narbonne

Au menu, pâté en croûte et agneau de lait pour lui. Saumon mariné et thon à la plancha pour moi, vin de La Clape.

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