Dans le cadre de ses Déjeuners sur web, l’association La Mêlée accueillait le 20 octobre Jérémie Boroy. Le nouveau directeur des relations régionales de SFR collectivités Sud-Ouest, lui-même non entendant et ancien président de l’Unisad (Union nationale pour l’insertion sociale du déficient auditif), y a partagé son expérience de l’e-accessibilité. Interview.
Une rencontre en partenariat avec SFR, la Mairie de Toulouse, Petit Deviendra Grand et ToulÉco.
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Retranscription de l’intervention de Jérémie Boroy lors du Déjeuner sur Web : Le handicap et l’accessibilité
« Il y a les personnes reconnues comme handicapées, et il y a celles qui vont se retrouver en situation de handicap a un moment donné. C’est donc un phénomène très large. L’élément fondateur, c’est la loi de 2005. Elle cadre la politique publique en matière de handicap en 1987. Il y a aussi la loi sur l’emploi des personnes handicapées. Les associations sont très vigilantes par rapport à son l’application.
Le handicap c’est quoi ? C’est la déficience d’une personne et l’environnement qui n’est pas accessible. C’est la convergence de ces deux facteurs qui crée le handicap. L’accès de tout a tous est un choix de société. Il y a donc l’accessibilité et la compensation.
Il existe les cas individuels avec des compensations. Puis les cas larges : obligation d’accessibilité à l’école, sur le lieu travail, dans les services publics, lors des élections , etc.. On ne parle pas seulement des accès a la communication ou aux bâtiments mais aussi à ce qui se trouve dans un bâtiment. D’où les services a créer.
Sur internet, ce n’est pas seulement grossir les caractères pour les malvoyants. Il y a aussi les autres handicaps. Pour le téléphone c’est aussi pour les personnes qui ne peuvent pas parler.
Les chaînes de télé doivent proposer tous leurs programmes sous titrés. Cela peut se faire par le télétexte, page 888, avec des infos enrichies, par des codes couleurs, etc.
Pour les chaînes de la TNT, c’est 40% des programmes qui doivent être accessibles. Il y a aussi une obligation sur la langue des signes. Cette problématique, on la retrouve aussi sur les sites Internet ou les sourds peuvent de retrouver en situation d’illettrisme.
Pour les aveugles et mal-voyants, il y aussi de l’audio-description disponibles dans certains documentaires et films.
Concernant les appels d’urgence, une accessibilité pour les personnes sourdes a été mise en place avec la création d’un centre national qui recense les appels et les dispatche sur les centres de secours. A Toulouse, Websourd travaille sur cette accessibilité.
Quand on commande un site web, il faut aussi prendre en compte cette accessibilité dans sa réalisation.
Au cinéma, la numérisation des salles de cinéma sera une solution pour rajouter de l’accessibilité. Quand on est dans un lieu public, c’est pareil : il faut avoir le réflexe du sous titrage.
Dans le cas de la téléphonie - fixe et mobile - tous les handicaps sont concernés : visuels, auditifs, moteurs, etc.. En 2005, l’Association française des opérateurs mobiles (Afom) et les pouvoirs publics ont mis en place un chantier en se sens. Les opérateurs travaillent par exemple sur des offres mixtes SMS et voix. Concernant l’accession au téléphone des personnes sourdes, c’est un vrai souci. Aux Etats-Unis, la loi a prévu des centres de relais téléphoniques qui font le lien quel que soit le handicap, en langue de signes, en vidéo, etc.. Cet outil a révolutionné l’accès des personnes sourdes et a changé leur place dans la société.
En France, on espère avoir de tels centres de relais. Un pilote est actuellement a l’étude. Le problème reste le financement. En matière de ressources humaines, les coûts sont très importants. Autre problème, le manque de compétences : nous ne disposons que de quelques centaines de décodeurs et de traducteurs alors que les besoins sont énormes. Idem dans le privé. Depuis quelques semaines chez SFR, on a formé des personnes sourdes au métier de chargé de clientèle. Avec apprentissage en langue des signes ou bien réponse via un système de tchat.
Enfin, troisième volet : l’accessibilité par le numérique. Par exemple, la machine à voter en ligne est très pratique pour les personnes en situation de handicap. Autre outil, la géolocalisation pour trouver une place de parking, le guidage pour se déplacer. Dans le domaine de l’accessibilité à distance, on peut citer la Caisse d’allocations familiales (Caf) ; qui a mis en place une plateforme avec de la vidéo et des interprètes en langue des signes.
Pour conclure, l’enjeu principal pour les personnes handicapées reste leur autonomie par rapport à eux-même, mais aussi par rapport a leurs proches. La participation (consommer, voter, etc) est très importante. L’emploi des personnes en situation de handicap aussi.
Trois choses a retenir : Il faut réfléchir à toutes les formes de handicaps. Il faut le faire en amont de la conception. Enfin un outil d’accessibilité ne profite pas seulement aux personnes en situation de handicap. Par exemple, une rampe d’accès peut profiter aux mamans avec poussette, ou encore le sous titrage profite a tous dans les lieux publics. »
bonjour,
je viens de lire le vidéo et je suis tellement déçu de ne pas comprendre ce que jérémie explique. je suis bien sourd et je pratique la langue des signes française (LSF). ToulEco lui a invité pour le thème "e-accessibilité" et il n’a rien prévu d’y mettre en place le dispositif de l’accessibilité pour les lecteurs sourds dans ce site (où sont l’interprète en Langue des Signes Française et le sous-titrage ?). Encore le sous-citoyen sourd pratiquant la LSF !!!