ToulÉco

Publié le dimanche 12 novembre 2017 à 18h09min par Philippe Font

« Depuis Toulouse, Saint Gobain prépare des vannes connectées pour ses canalisations »

Le site Saint Gobain PAM a fêté il y a quelques jours ses trente ans d’existence à Balma, près de Toulouse. Pour Jean-Luc Erbetta, son directeur régional, le spécialiste des canalisations d’eau en fonte a laissé derrière lui la crise de 2007. Prochain objectif : innover.

Quel bilan de l’activité vous faites après trente ans d’installation à Toulouse Balma ?
Lors de l’inauguration en 1987, il n’y avait que des champs tout autour. Le bilan est très positif, car nous nous sommes retrouvés sur un site de proximité pour servir l’ensemble de ces travaux de canalisation d’eau et d’assainissement sur Toulouse. C’est très important. Le chiffre d’affaires de Saint Gobain Pont-à-Mousson (PAM) à Balma est de 20 millions d’euros en 2016 et plus de 380 kilomètres de réseau commercialisés sur la région. Avec la crise de 2007, notre activité a connu une baisse sensible : entre 2007 et 2015 nous avons perdu 35% de notre activité. Mais dans les deux dernières années, nous avons progressé de 10%. Nous gagnons à nouveau des parts de marché.

Comment avez vous fait pour compenser cette perte de chiffre d’affaires ?
Il a fallu se positionner sur des secteurs où nous n’étions pas, notamment dans l’industrie par exemple, les réseaux d’incendies, les équipements de stations de ski pour alimenter les canons à neige. Ensuite nous nous sommes positionnés sur les terrains de jeu de nos concurrents, à savoir les PVC, en proposant des solutions plus pérennes et plus amortissables dans le temps.

Pourtant vous continuez à proposer des canalisations en fonte…
Oui c’est notre produit phare : aujourd’hui la canalisation en fonte est comme l’acier : elle ne se casse pas, donc cela permet de faire des fontes plus minces et recyclables de A à Z. Le matériau de fonte est prévu pour une durée de vie de 100 ans, il y a très peu de matériaux qui peuvent proposer ça. Toute notre activité est basée sur la fonte : le tuyau de fonte représente 60% du chiffre d’affaires. Puis il y a tous les chantiers de voiries, les poteaux d’incendies, la robinetterie… L’avantage de la fonte est qu’on peut la mettre directement dans le sol sans le sable autour pour le protéger, on gagne en coûts et on arrive à développer des solutions pérennes et économiquement défendables.

Quels sont les gros chantiers sur lesquels vous intervenez dans la région ?
Nous avons été retenus sur le chantier du Pex pour le réseau incendie du bâtiment, les trappes sur les caniveaux techniques dans les halls. Nous espérons décrocher le contrat de l’évacuation des eaux pluviales. Les autres chantiers importants concernent l’assainissement de la clinique Capio à Quint-Fonsegrives, la ceinture d’assainissement de l’Ausonnelle et des chantiers d’assainissement sur la commune de Castelginest.

Quelle est votre politique en matière d’innovations ?
L’innovation, c’est suivre le monde d’aujourd’hui notamment en intégrant la digitalisation et l’arrivée des objets connectés. A partir de 2018, nous mettrons en place des puces ou des relais, via une application smartphone, pour contrôler si une vanne est ouverte ou pas. Ensuite il y a des micro-turbines que nous cherchons à développer : l’idée est d’utiliser l’énergie de l’eau potable en mouvement dans un réseau en surplus pour faire de l’électricité. Ce sont des choses utiles et propices au développement durable.
Propos recueillis par Philippe Font

Sur la photo : Christian Bouigeon (à gauche), directeur général de Saint Gobain PAM et Jean-Luc Erbetta, directeur régional Saint Gobain PAM. Crédits : Lydie Lecarpentier - ToulÉco

4 Commentaires

  • Le 13 novembre à 07:15 , par Bernard Genot

    l’idée de mettre des micro turbines dans les canalisations d’eau potable est une mauvaise idée
    on essaie juste de recuperer un pouieme de l’energie mise dans les pompes pour monter l’eau dans les châteaux d’eau
    il serait plus judicieux de travailler sur ce sujet plutot qu’introduire à grand frais des pieces en mouvement immergées dans un liquide avec tous les problemes d’etancheité possible et la mecanique de fixation dans les tuyaux .Autant de pieges à contamination dans un circuit d’amenée d’eau potable n’est pas bien sérieux et economiquement pas viable
    Invoquer le developpement durable ne suffit pas toujours à rendre un projet viable .
    Beaucoup d’anciens boy scout ont voulu recuperer avec le meme principede micro turbines l’energie de l’eau de pluie qui descend des toits
    Les nombreux ingenieurs de Saint Gobain devraient réutiliser leur calculette des années prépa avant de se lancer dans des economies de bout de chandelle.
    et si c’est pour alimenter les capteurs de debits dans la campagne , un petit panneau solaire à 10 euros suffira amplement
    Le plus cher sera l’abonnement au reseau sigfox ou lora

  • Le 14 novembre à 08:24 , par DUBOIS PASCAL

    Bonjour,
    Vous citez le chantier du PEX et votre volonté de développement sur les sites industriels. Cela n’est pas en adéquation avec votre matériaux premier c’est à dire la fonte dont vous dites vous-même que ces caractéristiques sont proches de l’acier, ce qui une fois traduit signifie que votre gamme BLUTOP a un pourcentage de carbone moins important et donc proche chimiquement de l’acier fragile à la corrosion du terrain, de l’eau et des courants vagabonds très importants sur ce type de sites.
    Bien sur vous mentionnez des revêtements permettant de lutter contre ce type d’agression, mais les matériaux sur chantier subissent de nombreuses contraintes ( transport, manutention, mise en œuvre délicate) qui sont des sources de dégradations de ces revêtements.
    Cordialement

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