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Publié le mardi 24 octobre 2017 à 17h00min par Nathalie Sanselme

Depuis Montpellier, SeqOne innove au service de la médecine génomique

Basée à Montpellier, la start-up SeqOne développe un logiciel sécurisé et simple d’utilisation permettant d’interpréter le séquençage de l’ADN. Huit CHU ont prévu de tester leur solution d’ici la fin de l’année 2017.

L’analyse du séquençage du génome s’est complexifiée avec l’arrivée en 2007 des NGS (New Generation Se­quencings), les séquenceurs haut débit. Alors qu’un séquençage mobilisait dans les années 80 des équipes entières sur dix ans, moyennant 2 milliards d’euros, l’arrivée du haut débit a réduit ce temps à un ou deux jours et le coût à moins de 1000 euros. Mais cette révolution à la base du développement de la médecine géno­mique a engendré un écueil de taille : l’in­terprétation de cette somme de données nouvelles est devenue bien plus longue et plus coûteuse que le séquençage lui-même. C’était un peu comme rechercher cinq à six fautes de frappe dans un disque dur de 500 Giga Octets.

« Le séquenceur lit, mais n’analyse pas », explique Jean-Marc Holder, directeur commercial de SeqOne. À l’origine du projet SeqOne, Nicolas Philippe (CIO), distingué pour ses travaux de recherche par plusieurs prix, dont celui de la fonda­tion Arc contre le cancer, décide en 2014 de mettre la médecine génomique à por­tée de tous en réduisant drastiquement les coûts d’interprétation du séquençage. SeqOne est né : avec Jérôme Buwalda, son ami d’enfance spécialisé en sécurité in­formatique, il mature pendant deux ans, abrité par la Satt (Société d’accélération et de transfert de technologies), un logiciel en mode SAAS, autrement dit accessible par un simple lien web, ultra-sécurisé, et permettant aux biologistes de procéder à des interprétations fines du séquençage.

1 million d’euros pour développer le projet

Après la Satt et une aide de 350.000 eu­ros pour mettre au point la solution, dé­poser un brevet, constituer une équipe, le Business innovation center (BIC) de Montpellier prend le relais, suivi de Languedoc-Roussillon incubation (LRI), qui facilitent la mise en relation avec BPI France, la Caisse d’Épargne, l’éco­système et le marché. Au total, SeqOne obtient 1 million d’euros pour développer son projet. Créée en avril 2017, la start-up, forte des retours positifs de quatre CHU, semble avoir de beaux jours devant elle. Elle devrait réaliser une levée de fonds en septembre.

« D’ici la fin de l’année, huit CHU vont tester leur logiciel », annonce Jean-Marc Holder. Ils devraient grâce à ce procédé d’analyse pouvoir traiter leurs patients à moindre frais, en bénéficiant à terme d’un coût d’interprétation aligné sur celui du séquençage. En projet égale­ment, une aide de l’Europe (Feder) dans le cadre d’un consortium entre les CHU de Montpellier et de Toulouse pour le traite­ment des cancers du poumon.
À l’heure où les maladies chroniques de type cancers ont pris la première place dans les pays développés parmi les causes de mortalité, SeqOne accom­pagne l’évolution de la médecine vers un regard précis et individuel.
Nathalie Sanselme

Sur la photo : Nicolas Philippe et Jean-Marc Holder, les deux fondateurs de SeqOne. Crédits : DR