ToulÉco

Publié le mardi 21 août 2018 à 19h00min par Isabelle Meijers

Depuis Toulouse, Actinova imprime la lumière de demain

Article diffusé le 10 mai 2018

Rendre les objets auto-éclairants grâce à une innovation de rupture. C’est le principe d’Actinova qui prévoit d’ouvrir un laboratoire d’impression de la lumière en Occitanie.

Imprimeur de lumière, quoi de plus poétique. Avec la start-up toulousaine Actinova, ce métier de rêve s’appuie surtout sur une technologie de rupture aux applications industrielles concrètes et multiples. L’innovation consiste à remplacer les éclairages fixes existant - énergivores et polluants - tels les Leds ou ampoules, par un éclairage matière grâce à un film imprimable par Inkjet (jet d’encre) sur tout support flexible ou solide. Ce film est composé de nano-cristaux qui ont la propriété d’absorber la lumière du jour et de la réémettre dans l’obscurité.

« Nous avons baptisé ce dispositif : la lampe imprimée Quandel. Elle nécessite une source d’alimentation électrique comme une batterie ou une cellule photovoltaïque mais en moyenne, notre procédé permet de consommer entre 50% et 80% d’énergie en moins qu’un éclairage traditionnel », explique Frédéric Cronauer, chargé du développement et cofondateur d’Actinova, au côté de l’expert européen en électronique imprimée, Claude Labro.

Une fabrication en Occitanie

Encore au stade du démonstrateur, le procédé devrait donner lieu à un dépôt de brevet en Europe d’ici fin 2018. « Quandel a été développé sur fonds propres grâce à 300.000 euros d’investissements. La maîtrise de la technologie provient de la collaboration de trois laboratoires de recherche, Itodys à Paris et Laplace à Toulouse ainsi que le laboratoire de l’Ensta à Palaiseau », détaille Frédéric Cronauer. « Notre objectif est de créer en Occitanie un laboratoire d’une dizaine de scientifiques pour imprimer de la lumière sur tout support. »

Les applications concernent de nombreux secteurs potentiels tels le textile connecté, l’éclairage commercial, la signalétique, l’architecture, la lutte contre la contrefaçon, les traceurs biologiques en santé ou encore les transports, comme l’aéronautique ou le ferroviaire, avec un éclairage d’ambiance de la cabine ou des wagons pendant les voyages.

Démarcher les industriels

Pour capter cette clientèle de grands comptes industriels, Actinova table sur une deuxième activité. La commercialisation d’un polymère de protection permanent hydrophobe autonettoyant. Nommé Actikleen, il évite l’utilisation de produits chimiques. « Il protège contre tout type d’agressions extérieures, graffitis, affiches, rouille, pollution. JC Decaux est particulièrement intéressé par ce procédé pour son mobilier urbain. Les équipementiers automobiles y voient la possibilité de pare-brises sans essuie-glaces par exemple. Notre démarche est donc d’approcher avec Actikleen les groupes du Cac 40 qui sont aussi des clients potentiels de Quandel », analyse Frédéric Cronauer.

En combinant la mise sur le marché de ces deux innovations, l’objectif de la start-up est d’atteindre un chiffre d’affaires de 2 millions d’euros d’ici trois ans. Actinova, hébergé au Village by CA de Toulouse, a été finaliste du Genopole Young Biotech Award 2017 de Paris.
Isabelle Meijers

Sur la photo : Le cofondateur d’Actinova, Frédéric Cronauer, a été business developer de grands comptes de l’agroalimentaire tel Nespresso Monde. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco

7 Commentaires

  • Le 11 mai à 07:55 , par Bernard Genot

    Des le debut de l’article on sent la desinformation
    les LED seraient trop consommatrices d’energie !!!
    Oui mais elles eclairent et permettent de voir , c’est à dire lire , s’orienter etc
    Innover dans le langage ne dit pas innover dans la réalité .
    faire croire que des luminophores ou de la matiere phosphorescente vont pouvoir nous eclairer quasiment sans energie c’est prendre les gens pour des c…
    reste le coté artistique qui , lui doit etre bien réel , pourquoi ne pas communiquer sur cette vraie valeur
    faudrait pas nous faire prendre des vessies pour des lanternes !!

    • Le 11 mai à 20:42, par Frédéric CRONAUER

      Je vous remercie pour vos remarques et de votre intérêt pour notre technologie.

      Après la preuve de concept en décembre 2017, notre dispositif d’éclairage au stade de la caractérisation est inorganique, il n’est pas question de luminophores ou de phosphore, mais de nanocristaux semi-conducteurs.

      Sous forme de « poudre », elle est déposée par INKJET (jet d’encre) et non 3D, sur un support flexible conducteur, technologie utilisée dans l’électronique imprimée. LG utilise cette technologie pour imprimer les Oleds pour les téléviseurs.

      Aujourd’hui plusieurs de Grands Groupes, se sont positionnés (POC) sur cette technologie.

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      • Le 16 mai à 08:02, par Bernard Genot

        oui , je sais, aujourd’hui il suffit de dire qu’on travaille sur les nano-machin pour avoir des subventions .
        Les patissiers, qui travaillent avec des nano-machins qui s’appellent de la farine , devraient pouvoir aussi etre subventionnés.
        Le monde a beaucoup fantasmé sur les micro systemes il y a 20 à 30 ans , sans autre succes que les puces inertielles et les tete d’imprimantes à jet d’encre (c’est deja pas mal me direz vous ) .
        Enormement de projets de labo sans issu , projets europeens ,nationaux , regionaux ,avec pour seul resultat ces quelques produits que seuls les industriels des semicon ont reussi à faire réellement evoluer
        je crains qu’il en soit de meme avec les nano-trucs encore plus difficiles à voir que les micro-truc ( le microscope optique ne suffit plus )
        et de moins en moins de jeunes dans les filieres scientifiques pour contrebalancer tout ces commerciaux , pret à sauter sur tout ce qui parait etre une innovation « vendeuse » mais ne tient pas la distance .
        Que de gachis en perspective
        le mouvement brownien est malheureusement une composante essentiel de notre monde

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  • Le 11 mai à 08:03 , par Bernard Genot

    J’avais oublié la deuxieme partie de l’article : le polymere hydrophobe, resistant à tout et autonettoyant
    La encore on est dans de la com avec des mots jetés pour faire bien
    depuis le temps qu’on nous promet le graal , ça m’etonnerait que le polymere miracle soit né aujourd’hui ou hier
    Convoquer 3 labos publics pour donner du serieux au sujet ne rassurera que ceux qui pratique ce sport national , pas les clients potentiels

    • Le 11 mai à 23:07, par Frédéric CRONAUER

      Concernant ACTIKLEEN® notre polymère hyperhydrophobe, il est référencé national et en application depuis janvier 2016 par le Groupe JCDECAUX sur du mobilier urbain, ENEDIS l’applique également sur les postes élétriques en béton.. Il permet d’enlever des graffitis sans produits chimiques, Un équipementier automobile, un fabriquant de vehicule ferroviaire valident actuellement de nouvelles applications. Nous nous tenons à votre disposition pour une démonstration.

      En 2015 nous avons été agrée JEI (Jeune Entreprise Innovante) par le Ministère de la Recherche et nous avons hebergé notre équipe scientifique au Laboratoire ITODYS du CNRS Paris VII. Cela nous permet d’avoir accès à du matériel scientifique trop coûteux pour notre startup et de recruter plus facilement de jeunes scientifiques, nos premiers salariés sont issus de ces Laboratoires..

      Malgré la confidentialité qui encadre ce projet, j’ espère avoir éclairé votre « lanterne », et je suis à votre disposition pour échanger sur le sujet, je suis visible au Village by CA de Toulouse..

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      • Le 16 mai à 08:10, par Bernard Genot

        les societes qui ont beaucoup d’argent s’interessent à tout , meme à ce qui ne marchera pas .Quelques miettes jetées aux moineaux , vous laissent le sandwich intact .
        Il y a 15 ans , un revetement revolutionnaire mis sur les parebrises devait permettre de faire glisser les gouttes, fini les essuie glaces .On avait entendu dire que Carglass avait meme racheté le brevet . Depuis , plus rien , seule la theorie du complot voulant qu’onachete et enterre les meilleures idées de peur de casser le business.
        En esperant que la theorie du complot s’applique à votre business
        Bien à vous

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  • Le 11 mai à 08:10 , par Bernard Genot

    un dernier post :
    technologie de rupture : elle est ou la rupture ?
    le vers luisant s’est connu depuis longtemps , les matieres phosphorescentes aussi
    les imprimantes 3D sont partout
    C’est qui qu’on veut impressionner ?

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