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Publié le mercredi 25 octobre 2017 à 21h46min par Isabelle Meijers

Depuis Toulouse, AirSeas donne des ailes aux bateaux

Une compétence aéronautique s’applique désormais au secteur maritime. Ce transfert de technologie des commandes de vol vient de donner naissance à une aile de traction des navires marchands baptisée SeaWing.

A l’heure où vous lisez ces lignes, le « Ciudad de Cadiz », l’un des trois navires d’Airbus transportant les ailes de l’A380, croise au large de l’Atlantique, entre Liverpool et Bordeaux. Mais cette fois, et pour une période d’un mois, il est équipé de la SeaWing, une aile volante automatisée développée par le Toulousain AirSeas permettant de tracter les navires de commerce. L’objectif de cet équipement ? Une économie de 20% de carburant qui représenterait un gain moyen de 1 à 2 millions d’euros par an et par navire.

Airbus, actionnaire minoritaire d’AirSeas

« Nous allons valider par ces tests sur le bateau la partie clé de l’aile, c’est-à-dire son automatisation, qui est directement dérivée de la technologie mature des commandes de vol en aéronautique. Notre SeaWing de 1000 m² s’active sur simple commande on/off du capitaine prévenu en temps réel du bon moment du déploiement, calculé en fonction des conditions météo, dont le vent, et des courants », explique Vincent Bernatets, président créateur d’AirSeas en octobre 2016. La PME, dont Airbus est actionnaire à 10%, est un essaimage du constructeur qui l’héberge au sein de son FabLab. Elle compte une dizaine de passionnés aux doubles compétences, à la fois en gestion du vol aéronautique et en sports de voile tels que le kitesurf ou le parapente.

Cibler 15% d’un marché de 28.000 navires marchands

L’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), intéressée également par la réduction des émissions gazeuses polluantes du dispositif, est partie prenante du projet pour la période 2016-2019 à hauteur de 6,45 millions d’euros sous forme de subvention et avance remboursable. Mais pour assurer une première livraison clients dès la fin 2019, AirSeas prévoit de compléter ce financement par une levée de fonds de 6 millions d’euros dès début 2018.

« Selon les études de marché, près de 28.000 navires marchands de plus de cent mètres de long assurent aujourd’hui 90% du fret mondial. Notre objectif est de capter 15% de cette flotte en 2030, ce qui nous permettrait dès 2020 de générer un chiffre d’affaires de quelques dizaines de millions d’euros », détaille Vincent Bernatets, ancien ingénieur à la direction stratégique d’Airbus. La SeaWing a été présentée le 11 octobre à l’EmTech de Toulouse, conférence internationale sur les technologies émergentes organisée par la MIT Technology Review.
Isabelle Meijers

Sur la photo : La SeaWing, une aile volante automatisée de 1000 m² est développée par le Toulousain AirSeas et permet de tracter les navires de commerce. Crédits : DR