ToulÉco

Publié le lundi 1er janvier 2018 à 18h30min par Audrey Sommazi

Depuis Toulouse, CLS garde un œil sur la planète avec des balises connectées

Article diffusé le 18 octobre 2017

CLS, le fournisseur de services satellitaires pour l’observation et la surveillance de la planète, collectera dès 2022 depuis son centre de contrôle à Toulouse les informations transmises par les balises Argos nouvelle génération.

Six satellites en orbite polaire collectent des informations transmises par 22.000 balises posées sur le dos des thons, des tortues, à bord des bateaux, sur des bouées ou encore des véhicules. Voila le principe d’Argos, le système de localisation et de collecte de données environnementales embarqué par satellite, crée par le Cnes en 1978.

Près de quarante ans plus tard, une nouvelle génération de balises Argos, cette fois-ci hybrides, s’apprêtent à voir le jour. « Elles pourront suivre un objet en continu, sans interruption, sur terre et sur mer, grâce au réseau GSM ou les objets connectés, via le réseau de Sigfox », indique Jean Muller, responsable de la localisation et de la collecte de données chez CLS. Pour cela, la société s’appuie sur sa maison mère, le Cnes fournissant depuis 1986 des solutions satellitaires d’observation et de surveillance de la Terre.

En effet, cette entreprise privée recueille depuis son centre toulousain - et par ailleurs siège social - les informations, les exploite et les traite avant de les transmettre à ses clients publics et privés (ministères, Nations-Unies, industriels comme Airbus et Areva… ). Argos for next generations, le nom du nouveau projet, s’appuiera sur une constellation de dix à vingt satellites mis en orbite en 2022. « Ce qui nous permettra d’élargir nos activités. Nous collectons déjà des informations sur les animaux sauvages… Nous serons en mesure de la faire pour les animaux d’élevage. Ainsi que pour la pêche industrielle et artisanale », ajoute Jean Muller.

CLS absorbe SIRS

Quant au coût, impossible de le quantifier à l’heure actuelle, justifie CLS. Alors que les constructeurs de satellites mondiaux sont consultés depuis cet été, le business plan doit être finalisé et une décision sera prise en juin 2018.

Spécialisé aussi dans l’observation des océans, CLS poursuit son développement en rachetant en juillet dernier la société SIRS. Fondée en 1989, cette PME lilloise de cinquante personnes s’est spécialisée dans la production de données des continents à partir d’images satellitaires optiques. CLS emploie 700 personnes dans le monde, dont 250 à Toulouse, pour un chiffre d’affaires de 125 millions d’euros en 2017. Avec cette acquisition, elle complète son offre de services en direction de l’agriculture, l’urbanisme, l’aménagement du territoire ou encore la déforestation.
Audrey Sommazi

Sur les photos : Le centre de contrôle de données situé au parc technologique du canal, à Ramonville-Saint-Agne. Et Jean Muller, responsable de la localisation et de la collecte de données à CLS, qui se compose de 26 bureaux dans le monde. Crédit DR