ToulÉco

Publié le lundi 14 novembre 2016 à 21h26min par Philippe Font

Depuis Toulouse, le 3Dvarius veut conquérir l’Amérique

Le premier violon imprimé en 3D à Toulouse s’apprête à conquérir le marché américain. Son concepteur Laurent Bernadac participe en janvier prochain au CES de Las Vegas pour y populariser son instrument avant de viser l’Asie.

Le violon électrique imprimé en 3D arrive bientôt en Amérique. Lancé il y a un an à Toulouse et confectionné en résine au sein de l’usine Polyform à Colomiers, l’instrument imaginé par Laurent Bernadac va bientôt être présenté aux États Unis. En janvier prochain, l’ancien étudiant de l’Insa et ex-pensionnaire du conservatoire de Toulouse, sera l’invité du salon CES de Las Vegas (du 3 au 9 janvier). Puis il participera au Namm Show à Los Angeles (du 22 au 26 janvier) qui est le plus grand salon professionnel de l’industrie musicale. Il sera accompagné de la musicienne Pauline Henric. Tous deux joueront avec leurs drôles de violons transparents aux courbes épurées lors des deux manifestations.

« L’idée est de nouer des contacts afin de trouver un distributeur ainsi que des lieux pour que les gens puissent essayer le violon », ajoute Laurent Bernadac qui compte un Américain parmi la dizaine de clients qui se sont déjà portés acquéreur d’un 3Dvarius. Les autres sont Français, Belges ou Anglais. Vendu 7000 euros l’exemplaire, contre 10.000 euros pour un instrument classique, le 3Dvarius pèse un peu plus de 500 grammes, à peine davantage qu’un violon classique.

Vingt violons en 2017

« L’avantage de l’impression en 3D est qu’on peut améliorer l’esthétique, il est possible de le colorer et de graver un nom, et d’assurer le confort de jeu. Un musicien peut passer d’un violon classique au 3Dvarius sans problème », explique encore Laurent Bernadac qui assure la promotion de son instrument en parcourant les scènes musicales de la région avec son groupe Octobre ou avec le chanteur occitan Joanda. A l’issue des concerts, il n’est pas rare que des musiciens montent sur scène pour essayer l’instrument.

Laurent Bernadac et Géraldine Puel en charge de la communication et du marketing au sein de 3Dvarius, la société qui commercialise l’instrument, ont déjà levé 53.000 euros en mai dernier. Ils se fixent comme objectif la vente d’une vingtaine d’instruments pour un chiffre d’affaires de 140.000 euros l’an prochain (contre sept instruments et 60.000 euros en 2016). « Nous allons lancer également une gamme d’instruments d’entrée de gamme avec des prix allant de 1500 à 3000 euros. Il seront un peu plus lourds car imprimés en plusieurs pièces et ne pourront pas être personnalisés, mais comme le 3Dvarius il pourra être branché directement sur un ampli ! ». Après l’Europe et les États-Unis, la société 3Dvarius souhaite cibler le marché asiatique, notamment la Chine et le Japon, et imprimer d’autres instruments en 3D comme des guitares.
Philippe Font

Sur la photo : Laurent Bernadac vise le marché américain avec son violon 3Dvarius imprimé en 3D. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco.