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Publié le mardi 20 novembre 2018 à 21h39min par Audrey Sommazi

Toulouse. Le Mama Shelter casse les codes de l’hôtellerie et de la restauration traditionnelles

La chaîne d’hôtels lancée il y a dix ans par la famille Trigano du Club Med vient d’ouvrir son neuvième Mama Shelter à Toulouse. Pour le rentabiliser, elle mise sur des prix attractifs et une forte fréquentation de son restaurant-bar.

La sobriété de la façade ocre, en raison de son classement par les architectes des bâtiments de France, tranche avec l’accueil du Mama Shelter, avec son plafond dessiné par l’artiste Beni Lloyds en hommage à Toulouse, sa moquette chamarrée et les couleurs vives de ses murs. Un passant non averti poursuit son chemin boulevard Carnot. Le curieux, lui, attiré par les petits néons colorés, franchit les portes de l’ancien cinéma Les Nouveautés.

Avec un grand sourire scotché sur leur visage, les (jeunes) employés de cet hôtel-restaurant branché alpaguent l’aventurier pour l’installer sur un tabouret design. Ils lui proposent café, petit-déjeuner, plat à partager, salade caesar ou panière de merlu vapeur. Qu’importe. Avec une amplitude horaire très large, de 7 heures à 2 heures du matin, le Mama Shelter se veut être « un lieu de vie », comme l’indique son directeur Philippe Gawron, un lieu de passage ouvert à tous, aux clients de l’hôtel, aux Toulousains, mais aussi aux salariés des entreprises rassemblés pour un séminaire.

Animé trois soirs par semaine par un DJ, le bar-restaurant qui emploie trente salariés sur les quatre-vingt-dix du Mama Shelter, est le poumon de l’établissement. Sa fréquentation doit assurer 55% du chiffre d’affaires, affirme le directeur, ex-employé du Club Med et de Tui Voyages. Et, pour optimiser cette source de revenus, cet hôtel dispose d’une terrasse de 100 places.

Boutique et Mama Works ?

Après un an et demi de travaux, l’ancien patron du Club Med Serge Trigano et ses deux fils, Jérémie et Benjamin, inauguraient fin octobre le neuvième établissement de 5000 m² du groupe. Celui de Dubaï et de Lisbonne sont en chantier. Cette affaire a même séduit le géant français AccorHotels, qui a racheté 49% de l’ensemble.

Mais à Toulouse, comme ailleurs, les Trigano ne sont pas propriétaires de leurs établissements. Dans la Ville rose, il s’agit du fonds d’investissement Keys qui finance l’immeuble et les travaux. L’enseigne n’est donc que le gestionnaire des lieux, elle y accroche son nom, paie un loyer et exploite les lieux. D’ailleurs, la famille porte une attention particulière aux coûts, menant la chasse au gaspillage. La sécurité est confiée à une entreprise extérieure et le room-service pour la restauration en chambre brille par son absence.

En revanche, la notoriété acquise de la marque permet aux Trigano de la faire fructifier dans plusieurs directions. Ceux qui ont aimé l’une des 110 chambres étroites à un prix de lancement de 85 euros seront sans doute séduits par la ligne de produits griffés Mama Shelter, du T-shirt à l’assiette, en passant par le kit-rasoir, un cahier et une bougie, vendus dans la boutique du groupe, adossée à l’établissement.

Salariés sans bureau fixe, indépendants et startuppers pourraient même être tentés par un poste de travail à l’heure ou à la journée. Un projet de Mama Works, comme il en existe un à Bordeaux, a déjà été évoqué en interne par l’équipe toulousaine.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Le restaurant-bar du Mama Shelter se veut avant tout un lieu de vie dans le centre-ville de Toulouse. Crédits : DR

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