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Publié le mercredi 6 juin 2018 à 15h30min par Nathalie Sanselme

Depuis le Gard, Extracthive se pose comme championne de la croissance externe

Plutôt que de rechercher des investisseurs pour fi nancer la création de son unité de production, la start-up Extracthive a opté pour le rachat de sites existants. Autrement dit, l’outil avant la levée de fonds : un modèle à suivre pour les gazelles de l’industrie.

Les start-up n’y pensent pas, mais la croissance externe, ça marche dans l’industrie. La preuve : Extracthive, spécialisée dans le recyclage de matériaux complexes, est passée de 35.000 euros de chiffre d’affaires l’année de sa création en 2015, à 3,5 millions d’euros en 2018. Tout en pérennisant plus de trente emplois menacés de disparaître. Le tout avant même une première levée de fonds cette année. À peine âgé de 33 ans, Christophe Dondeyne, codirigeant d’Extracthive, a déjà de la bouteille.

Cet « ancien » du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) est passé maître dans le rachat de sites industriels. En 2017, la start-up rachetait à Sorgues Les Abrasifs du Midi, spécialisé dans le broyage de matières dures. Quelques mois plus tard, elle rachetait au tribunal de commerce de Grenoble moyennant 1 euro symbolique, une usine à Pontde-Claix, pour y développer ses procédés de recyclage chimique des matériaux. En clair, elle chamboulait les codes du circuit classique, qui voit venir aux 3e ou 4e tours de table le fi nancement de l’outil de production. Un pas de géant Pont-de-Claix, sa grosse plateforme chimique et son environnement hautement sécurisé. Sorgues et ses facilités d’acheminement par péniches…

4 à 5 millions d’euros d’investissement d’ici 2019

La start-up, dont le siège est à Bagnols-sur-Cèze et la R&D au CEA de Marcoule, opte pour le rachat de sites qui allaient au tapis, faute d’investissements. Objectif : les redresser à partir de ses innovations technologiques de recyclage de matériaux complexes (grains abrasifs et matériaux composites), nécessitant parfois l’utilisation de la chimie. Extracthive parvient à convaincre avec un plan qui pérennise l’activité et investit à long terme dans le développement technologique. « Dans les domaines capitalistiques, la croissance externe fait franchir un pas de géant », reconnaît Christophe Dondeyne, dont la société prévoit d’investir 4 à 5 millions euros en 2019. Filière Clean tech : « faire vite » Passer du laboratoire au petit groupe industriel demande beaucoup de R&D à une startup évoluant dans l’industrie.

« Il y a au CEA tous les outils et une mine de savoirs en technologies de recyclage. » Mais si l’innovation doit se faire à l’échelle du laboratoire, les projets ont ensuite besoin de locaux pour développer des procédés plus importants. Convaincu que « les start-up peuvent sauver l’industrie », Christophe Dondeyne verrait bien la Clean tech se développer dans le Gard Rhodanien, portée par le CEA et EDF. « Il y a tout ici pour l’émergence d’une fi lière d’innovation dans le recyclage. » À condition de ne pas trop traîner pour mettre à leur disposition les hangars leur permettant de passer à une autre dimension. Mais le codirigeant d’Extracthive pré- vient : « Il faut faire vite. »
Nathalie Sanselme

Sur la photo : La société Extracthive est spécialisée dans le recyclage de matériaux complexes. Crédits : DR